Parc Manning

Nous y avons super bien dormi dans ce camping onéreux. De plus nous n’avons eu aucune difficulté à retrouver la transcanadienne. Embouteillage monstre en direction de Vancouver. Il y a des travaux gigantesques, notamment la construction d’un grand pont haubanné.
Nous longeons la frontière américaine de l’Etat de Washington.
Un arrêt à Harrison Hot Springs pour une balade au bord du lac. Il est étonnant de constater que les Nord Américains aiment à se rôtir au soleil sans protection. Nous avons mal pour eux tellement ils sont rouges.
Nous avons vite vu des paysage merveilleux, notamment plein de bois flotté sur la rivière. Voulant les photographier nous prenons une  sente et je remarque une peau de serpent. Ne souhaitant pas passer pour une poltronne, je le dis juste comme ça, en passant. Le Loup y regarde de plus près et rigole :  C’est pas une peau de serpent, mais une mue d’élastique !!!!
Proche de là nous visitons la Ferme Kilby et serons vite accueilli par un vieux chien, qui nous reniflera amicalement et retournera sous son arbre à l’ombre.
Belle ferme, plutôt riche : belle vaisselle, beaux vêtements, un Général Store bien garni le tout dans le jus du 19ème .
En revanche les animaux vivants ne sont pas du 19ème, et  il y en a de toutes sortes. Mr Pipes, le poulet blanc, élevé par des humains se comporte comme tel, nous suit partout et se laisse porter et caresser.
Le loup ayant conduit jusque-là, décide d’utiliser la caméra et je me retrouve au volant. Je suis un peu crispée. Il est gros notre camion, mais hyper agréable. En roulant je verrai notre premier cerf, une heure après ce sera le tour d’une biche.
La fatigue se faisant sentir, le Lightning lake campground dans le parc provincial de Manning nous accueille. Il a fait 29°. Nous ne ferons pas de feu, alors les moustiques passeront à l’assaut. Avons fini notre poulet (pas Mr Pipes, bien sûr !) avec de la salade. Etonnante la  salade chez eux. Elle est bien lavée et rangée telle un millefeuille bien compacte, super !
Tellement crevé le Loup s’endort à 21h30 et moi une heure après.
Je vais maintenant vous donner LE médicament contre les piqûres de moustiques : Le Rescue.
Je ne l’ai pas trouvé toute seule ce truc, c’est ma copine Michèle qui me l’avait divulgué et c’est vraiment un miracle.
Le lendemain à 5h30, le Loup est debout et malgré les ours qui rodent, il va découvrir le Lac Lightning. Les nuits sont très fraîches, recouvertes de deux édredons et couvertures, je dos royalement jusqu’à 7h30.
Bizarre les couettes, elles ne sont pas chaudes du tout. En revanche les couvertures Fraserway, sont elles hyper chaudes. Ils auraient dû faire les couettes en couvertures….
Comme il a échappé aux ours, le Loup revient et prépare tout pour le petit déjeuner. Copieux le ptit déj. Les écureuils alléchés par l’odeur des céréales entourent déjà notre maison. On dirait des voitures de courses comme celles qu’avaient mes frères  pour leur Scalextric.
Re-lac avec moi et en remontant, un lièvre se trouve au bord du sentier. Il gambade un  moment et s’éclipse.
Les paysages qui défilent ensuite sont somptueux d’abord un col puis aride, des vignobles, le temps est magnifique, la température l’est moins : 36° à l’ombre…
De nombreux marchés de fruits bio nous tendent les bras et on craque pour des cerises croquantes, des pêches et un oignon blanc énorme.
Partout nous voyons des écriteaux : No National Park ! Puis un dernier : Maybe National Park !
Un hamburger sera englouti au bord du lac de Osoyoos, on ne s’attarde pas il fait trop chaud. Le picnic sera fait sur les hauteurs, mais nous n’avons pas très faim.
Ce soir le camping Cascade Cove nous accueille. Je suis triste, une grosse chatte se laisse caresser et en pensant à ma Chanel, je me mets à pleurer.
L’emplacement que nous finirons pas nous trouver est agréable, une tentative de baignade échoue l’eau étant glacée. Faut dire qu’ils ont eu un temps épouvantable avant notre arrivée.
Petite lessive, mais oui et apéro-bière devant notre linge « façon Naples ».
Repas, dodo et à bientôt.
Nous vous embrassons tous très fort.

Burnaby

Debout à 5h30 ! Le Loup tourne déjà partout et tente de me réveiller en faisant sournoisement du café. Evidemment ça marche. Vous vous y retrouvez ? j’en ai déjà un peu parlé hier…
Faisons rapidement les bagages et à 7h30 : petit déjeuner. Nos voisins de table sont un couple de Néo-zélandais charmants. Nous placoterons un moment et retour dans la chambre pour téléphoner à Fraserway. Le rendez-vous est donné entre 10h00-10h30.
Comme il est tôt je fonce sur Robson pour quelques derniers achats. Pas de bol les magasins n’ouvrent qu’à 10h00…. Dépités, nous faisons une belle balade dans les rues de traverses.

Une fois quittées les artères touristiques et commerçantes, on se retrouve à la campagne : maisons coquettes, jardins fleuris, rues ombragées et 3 chats et même des jardins potagers ce qui nous a permis de découvrir le comment de la pousse des artichauts.

A 10h00 pile-poil, nous sommes au garde-à-vous au bord du trottoir les sacs sagement assis à nos  pieds. Et ce couillon de mec de chez Fraserway qui n’arrivera qu’à 10h40…
Une fois chez Fraserway, nous remplissons les paperasses et réceptionnons notre flèche d’argent. Pour les maris : un Ford 4×4, 8 cylindres, 350 chevaux…..Le hot-dog et le café sont offerts par la maison.
Pour la première journée, nous avons décidé de faire peu de kilomètres et Fraserway nous a
indiqué un camping relativement proche de Vancouver, ce qui ne nous a pas empêché de nous tromper, de faire des kilomètres inutiles et de nous retrouver déjà dans un Visitor Center avec notre question traditionnelle : On est où ? Elle nous a gentiment sorti du pétrin.

Un camping proche de Vancouver, ça coûte un bras ! Il n’a d’exceptionnel que le prix !

Nous nous installons. Chaton est tout époulaillé : y a pas de place, mais alors pas du tout. Et de regretter d’avoir emporté autant de bagages. Mais le Loup, toujours zen s’occupe à gérer ce moment difficile et chaque chose trouve une place.
Côté coquille : ce n’est pas exactement comme nous le pensions. Tous les aménagements pour l’eau, l’électricité et toilettes sont très bien pensés, l’intérieur un peu moins.  Très peu de rangement. Mais tout va bien.
Pour nous réconforter de tout cela nous nous boirons une Molson sans alcool.
Nous espérons que vous allez tous bien, que Sandra et Chanel s’habituent l’une à l’autre.
Nous pensons à vous et vous embrassons fort.

Stanley Park

Ce matin levés tôt, décalage horaire oblige.
Petit déjeuner copieux pour le Loup, moi je me modère, faut dire que les patates rôties et œufs brouillés-bacon, je ne peux pas. Il me faut mes tartines.
Nous nous faisons refiler des tickets de bus pour un tour de ville qui incluent le Parc Stanley.
Nous partons donc dans notre bus et faisons le tour de ville. Nous sommes enthousiasmés. C’est beau, on voit que les JO ont eu lieu, Ils ont tout refait, tout est accueillant, partout. Passons un long moment àsur la place du Canada.

Après un premier tour au petit matin, moment où il n’y avait personne sur la route, nous faisons ensuite quelques courses et reprenons le bus, nous faisons déposer au début du parc aux Totems poles et en ferons le tour à pied. Incroyable cette ville qui a des plages qui donnent sur  des tas de soufre et des tankers.
Les hydravions décollent et atterrissent régulièrement, nous nous surprenons à rêver de faire un petit vol-découverte…
Le bord est séparé en deux pistes, l’une pour les piétons, l’autre pour les vélos, et nous sommes heureux de ne pas être cyclistes tellement ils sont nombreux. Heureusement aussi qu’ils roulent tous dans le même sens !
Ils ont mis 60 ans à construire ces pistes.
Nous ne verrons aucun ratons-laveurs, nous avons eu beau demander où se trouve la buanderie, personne n’a su nous répondre. Nous étions obligés de le demander en français, parce que demander : « Where is the washroom for the raccoons » ? On nous aurait regardé de travers !  Nous sommes un peu déçus, mais ce n’est que le premier jour. En revanche, nous avons vu un rat qui lavait rien du tout …. sur le bras d’une fille, dans la rue.
Bilan de la balade sur une douzaine de kilomètres : 1 écureuil et des canards râleurs, deux grosses grues grises.
Vancouver est une ville immense, tellement multiculturelle (on y parle 35 langues) que nous sommes incapables de dire qui est « blaireau » comme nous, ou indigène.
Nous avons parlé de l’hôtel qui est bien placé, mais ce qu’il faut rajouter c’est que c’est la plus belle chambre que nous n’ayons jamais eue, spacieuse, calme, vue épatante en angle avec des fenêtres partout, elle est géniale. Merci à Nicolas (de l’agence Transcontinental de Chêne-Bourg) pour son choix.

Le Loup est mort de fatigue, le jetlag a raison de lui. Moi je suis tellement contente d’être là que je n’en ai plus. Je suis déjà à l’heure locale. Je me suis immergée totalement et immédiatement dans cette ville que nous aimons tous les deux et où nous songeons que nous pourrions vivre.
Mon Loup est un voyou, comme il s’ennuyait debout dès potron-minet, il a fait du café. Vous avez déjà pu, vous, résister à l’arôme enchanteur du café ? Moi non plus !
Tout à l’heure nous allons chercher notre maison, l’aventure commence….
Ah la la ! L’appareil de photos se cache dans l’étui de la souris, sacrée Jujunette !

Arrivée à Vancouver

Sommes partis à l’heure (15h40) Encore mangé à Cointrin avec Edith qui nous a accompagné.

Le trajet jusqu’à Londres c’est très bien passé.
Depuis Londres nous sommes partis avec presqu’une heure de retard. Nous étions dans un 747. Surfait le 747 pour la classe économique. Place très étroite, on ne peut pas quitter le ghetto des pas nantis et aller se balader à l’étage et pas assez de toilettes… Je me suis bien tenue dans l’avion, c’était d’autant plus facile qu’il n’y a eu aucun trou d’air. Un vol parfait.
Vancouver : magnifique ville, dès l’aéroport. Tout est propre, beau, intéressant. Nous tombons direct sous le charme. Ca sent la mer, on voit les montagnes.
Le chauffeur de taxi était agréable et l’accueil à l’hôtel Blue Horizon est sympa et drôle. Nous sommes au 17ème étage, avec balcon sur le Pacifique.
Nicolas, ton choix est é-pa-tant. La chambre en angle avec fenêtre partout est immense, bien aménagée, literie  impeccable. Et alors me mettre au centre d’autant de magasins en quittant l’hôtel, c’est un coup  de maître !
D’autant que comme il y a un balcon, nous pouvons ouvrir la fenêtre et si nous ouvrons la fenêtre ? L’air conditionné s’arrête immédiatement, CQFD !
Hier soir vite avant 21h, première visite chez Roots, mon magasin canadien de prédilection et premiers achats.

Un ptit saumon à l’hôtel et hop au lit, même Jujunette (vous savez notre petite mascotte).

Grand bisse de Lens

Tralalalalèreee ! Je l’ai fait !
Quitté Douchka vers 11h00. Je suis en petite forme. Je me sens vertigineuse en posant le pied à terre au lever. Ca promet !
La route pour se rendre à Icogne est superbe. Des belles maisons dans les vignes, des petits potagers bien entretenus, des fleurs partout, et le soleil en plus.
Nous laissons Chloro vers la poste et démarrons. Des chats qui ne me répondent pas, les voyous, des jardins luxuriants et nous cheminons dans la forêt. A notre gauche la pente est parfois impressionnante. Le bisse est vide, l’eau ne coule pas. Je me surprends à penser que si j’ai trop peur, je me glisserai dedans. Il y a des passages aménagés avec cordes, nous ne risquons rien.
Arrivés à une bifurcation le bisse est fermé. On veut nous faire passer par un sentier qui part vers le haut. Mon Loup n’est pas intéressé. Il fait fi du grand panneau qui indique que l’itinéraire est déconseillé aux personnes sujettes au vertige et enjambe la barrière. Moi aussi.
J’ai regardé sur internet  et je sais ce qui m’attend. Mais tout va bien. Il faut prendre garde aux planches mouillées par le gros orage d’hier, ne pas glisser dessus. A un moment un passage vertigineux n’est pas encore aménagé et j’essaie de passer par le bisse. Position trop inconfortable, j’abandonne et me concentre en me tenant au tout petit muret. C’est fait. Je demande de temps en temps au Loup si c’est bientôt fini et je passe un truc qui m’avait paru impossible sur internet. LE passage que j’attendais et craignais.

Bon on n’est pas obligé de regarder tout le temps vers le bas non plus, hein ? Et bien LE passage m’a paru facile. Nous terminons au bord du torrent et ferons une halte.
Bisse magnifique, sauvage, vertigineux avec des odeurs délicieuses, je comprend pourquoi tous ceux qui m’en ont parlé étaient si enthousiastes, nous le sommes aussi.
Nous repartons par un sentier délité qui grimpe raide, ça nous change et longeons le bas des falaises. Nous voyons des crottes et sentons le gibier, mais malheureusement ce jour-là nous n’en verrons pas. Le Loup avait été plus chanceux durant son repérage, il avait vu plusieurs chamois. J’ai intérêt à bien regarder où je mets les pieds, car là il n’y a aucune sécurité.
Nous sommes partis trop tard pour aller jusqu’au barrage de Tzeuzier. Parvenus à Pra du Taillour nous boirons du thé au bord du torrent, Jujunette prendra un bain mémorable et glacial et nous  commencerons le retour.
Je suis étonnée car cet itinéraire-là n’est pas fermé (c’est même le seul pour aller à Tzeuzier), mais il y a des bouts très sauvages et très escarpés. D’accord le chemin est assez large, mais c’est aussi vertigineux par moment et il n’y a aucun équipement.
Souvent en regardant la suite on ne voit que des falaises et on se demande par où, Diable, on va bien pouvoir passer. Et on passe…
C’est très beau aussi, ça sent de nouveau la bête mais ce jour-là nous ne verrons que des écureuils curieux. Ca sent également très bon : la terre humide, les feuilles, les fleurs. C’est la balade où les odeurs m’ont le plus plu.
C’est long. Nous rejoignons une route forestière, puis retrouvons le bisse, là où nous avions enjambé la barrière et revenons sur Icogne.
Nous avons marché 5h30, fait une balade superbe, que je suis fière d’avoir réussie et avoir vaincu ma peur du vide. Pourvu que ça dure !
A la voiture un chat ne me snobera plus et viendra se faire gratouiller. Quelle belle journée !
De retour chez Douchka nous nous désaltérerons avec une excellente bière rousse de Soral : la Bière du Père Jakob.
Nous sommes un couple : Wladimir, dit le Loup, et Marie, dite Chaton qui adorons nous balader en montagne. Nous sommes parfois accompagnés de Jujunette, un petit mouton en peluche, la mascotte que nous prenons avec nous. Elle est là pour que j’extériorise mes peurs en montagne, pour me faire rire, pour nous éviter ne nous engueuler dans les situations difficiles.
Nous habitons un petit nid dans le val d’Anniviers : St-Luc et y vivons dans un beau chalet : Douchka, avec notre chatte : Chanel.
Le Loup a une grande expérience de la montagne, il l’a beaucoup pratiquée, soit seul, soit avec le club alpin dont il était un chef de course, soit avec Augustin son guide suisse préféré.
Nous nous sommes rencontrés lors d’un cours d’initiation à l’alpinisme donné par le club alpin de la section genevoise, dont nous faisons partie tous les deux. Il a déjà fait une quantité énorme de nos 4000 suisses, parti aussi au Népal en expéditions ou pour des treks.
Moi, le Chaton, je suis timorée, j’aime surtout marcher, faire de l’escalade sur des sites, mais j’ai une peur terrible en montagne : j’ai l’appréhension du vide. Ca s’apprivoise, oui, mais ça va pas vite.
Nous aimons nous promener par tous les temps, sommes devenus endurants et la nature nous passionne. Nous adorons surprendre des animaux sauvages, que nous admirons sans les gêner. La flore aussi nous passionne aussi, surtout dans son déplacement ! Par exemple dans notre jardin. Moche, oui, je sais !
J’oublie Chloro, notre voiture, aussi animée d’une petite âme, comme Jujunette, qui est d’une patience d’ange….
L’idée m’est venue d’écrire ces carnets pour mes parents qui ne peuvent plus marcher autant, ni venir en altitude. C’est le moyen que j’ai trouvé de  partager avec eux ma passion.