La Mare – 21.10.2014

Le lendemain, après une excellente nuit, nous découvrons un paysage maussade. La pluie nous cueille au petit matin à 7h30, des cordes. La météo nous l’avait assez annoncé. Nous décidons que nous n’allons pas marcher, donc à moi la confiture de pruneaux et les tartines :-). Puis nous désinstallons notre camper de manière efficace. Ca se passe bien, la pluie s’interrompt juste quand il faut, plus ou moins. On a vraiment fait une toilette de très très chat. Moi ça s’est limité aux dents.

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J’ai encore été rendre l’adaptateur électrique France/Suisse. On ne peut pas dire que la patronne soit plus rayonnante le matin 🙁 C’est dommage parce que, elle, elle n’est pas sympa, alors que tous les autres , le grand-père, la petite-fille, le chien Ploum, sont vraiment très cools, souriants, efficaces. Tant pis pour elle !

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Nous rentrons maintenant en direction de chez nous, et si on trouve à se garer, j’opterais même pour un petit café à la Crémerie des Glaciers. Ce charmant chalet-hôtel nous a fait de l’œil lors de nos passages en bus et l’envie de nous y arrêter nous tenaille. Malheureusement ce sera fermé.

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Nous partons en direction d’Argentière, au col des Montets où nous abandonnerons Vif-Argent à côté du refuge des Aiguilles Rouges, et grimperons vers le lac Blanc.

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Nous sommes seuls. C’est extrêmement sauvage parce que le brouillard nous entoure, il y a un vague soleil qui perce du côté des Grands Montets. Ambiance, ambiance ….

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Nous traversons la réserve où tous les noms de plantes sont indiqués. Nous découvrons une source qui jaillit sur le sentier, dans une gouille et qui fait régulièrement des tas de petites bulles. C’est très joli, mais malheureusement pas montrable. Comme la pluie a cessé, nous ne prenons pas nos parapluies. Nous sommes d’un optimisme qui force l’admiration ! Ca grimpe pas mal, mais on ne s’en rend pas tellement compte, on ne voit rien.

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On entend des bruits de courses d’animaux, ça sent fort le cervidé, on voit des pétoles de lièvres. Soudain, le brouillard se déchire, enfin, une paroi nous côtoie. Nous surplombons le village du Tour, partons au-dessus de celui d’Argentière pour aller vers la Flégère. C’est de toute beauté.

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Nous atteignons un petit plateau avec des herbes jaunies, des myrtilliers rouges, des rhodos, dont les boutons sont faits pour le printemps prochain. Ca souffle, il fait du soleil, rarement les deux en même temps, alors on ne sait pas comment s’habiller. C’est vraiment un endroit merveilleux, ce que j’ai vu de plus beau durant ces 3 jours. Les photos ne lui rendent pas justice… Je demande au Loup si on ne pourrait pas bivouaquer ici. Nous n’avons rien pour le faire, mais c’est tellement beau. Il refuse.

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Il y a plein de ruisseaux, de cascades qui coulent partout autour de nous. Malgré le temps nous poursuivons. C’est un peu comme une drogue, on se demande toujours ce que l’on va découvrir au passage d’après. Ca souffle toujours plus fort. Nous sommes en face du glacier d’Argentière.

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Nous atteignons le lieu-dit : la Mare, envahie d’herbes qui poussent abondamment. On nous signale la présence d’oiseaux, des rouges-queues noirs. Pas vus. Remarque avec le vent qu’il fait, ce doit être des spoutniks 😉

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Pour aller jusqu’au Lac Blanc, il y a encore un sacré bout à faire et nous n’avons pas marché vite, sommes partis tard. C’est déjà décidé, nous ne l’atteindrons pas, mais on va encore continuer un petit peu. Maintenant le vent souffle encore plus fort, il fait froid, ça pince vraiment.

Nous décidons de nous arrêter pour casser la graine. On s’installe. Je suis mal assise. Le Loup me cède sa place et dans le mouvement je vois un jeune bouquetin qui descend, s’arrête, nous regarde, puis finalement continue de descendre et rejoint sur le pierrier un copain. Grosse discussion pour savoir si c’est un chamois ou un bouquetin. Moi je suis sûre c’est un bouquetin, mais pour faire plaisir au Loup, nous l’appellerons : le bouquemois ou le chatin !!! 😉

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Le mauvais temps menace. Le Loup ordonne le demi-tour. Je reparle du bivouac, mais le Loup ne m’écoute même pas. Je le suis. A regret. Vraiment.

Il pleut, très fort, à l’horizontale. J’ai les mollets et les fesses trempés.Puis ça s’est arrêté. Le Loup m’a invité à boire le thé à côtés d’un truc qui explique les glaciers. Alors j’ai accepté !

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Nous retrouvons Vif-Argent que nous ramènerons à sa maison-garage.

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De retour au chalet la tempête fait rage, au matin nous sommes sous la neige. Nous apprendrons que la queue de l’ouragan Gonzalo est passé chez nous. Z’aurions eu l’air fin à bivouaquer dans les Aiguilles Rouges ! On aurait retrouvé deux petits tas ensevelis sous la neige. Comme quoi, le Loup a TOUJOURS raison 🙂

 

 

20.10 2014 – Lac Cornu

Lever un peu plus tard. Tout est prêt ! Nous l’avons fait la veille, au chaud ! A 7h30 je saute sur le chauffage et éteint ce @#°#@ de réveil ! Nous avons extrêmement bien dormi, mais moi j’émerge d’un drôle de rêve, très speed, du coup j’active tout le monde, je râle sur tout.

Je râle sur le manque de savoir-vivre d’une dame dans le camping. Je suis en train de faire la vaisselle du petit déjeuner, j’ai dit bonjour à tout le monde, mais personne n’a répondu.

Une dame de La Rochelle entre, ne me calcule pas non plus, et me demande abruptement :

«Où sont les douches ? »

J’approche mon visage du sien et lui réponds simplement, tout aussi abruptement :

« Bonjour ! »

Elle a été terrorisée, elle a trouvé toute seule :mrgreen:

Nous sommes tellement bien organisés que nous sommes prêts trop tôt et devons poireauter 45 minutes. Alors on tournicote, on s’engueule un peu parce que l’un veut déjà y aller et l’autre pas. Nous reprenons le car de 9h35 pour aller à la Flégère. Arrivés à Chamonix-centre, le conducteur et son copain contrôleur nous signale que la Flégère est fermée et que tout le monde descend !!! Bon… Nous changeons de cap et montons prendre le télécabine de Plampraz qui est miraculeusement ouvert.

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Ils l’ont refait à neuf. Super ! Le temps est un peu couvert, les montagnes sont encapuchonnées de nuages. Non elles n’ont pas de couette !! Les gens du pays disent qu’il va pleuvoir….

Nous démarrons finalement pour le lac Cornu, 2h00. C’est absolument magnifique, nous sommes en face des Drus, de la Verte, de l’Aiguille du Midi et sous le Brévent.

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Les Drus et la Verte

Au bout d’une demi-heure nous faisons une halte pour nous reposer, non pas de nos efforts, mais plutôt du babillage hyper aigu et continu de deux Japonaises… Alors quand on dit que les femmes sont bavardes, peut-être, mais les Japonaises ont le pompon.

C’est vraiment très beau nous cheminons dans des dalles de pierre bien mises, souvent en escalier, traversons des pierriers, rien qui fait peur, c’est vraiment splendide.

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Il y a une petite brise qui fait du bien, car il fait une chaleur… On n’ose pas s’imaginer là en plein été ! Il y a de temps en temps un petit truc à escalader. Il m’arrive quelque chose de très nouveau et très étonnant : j’ai envie d’escalader tous les tas de pierre que je vois. J’en vois les prises, par où passer. Je suis très tentée, j’ai envie de grimper. Bizarre. Il faudrait que ça dure quand on a tout l’équipement ! Le Loup serait ravi !

Nous arrivons au Col de Cornu, 2406 mètres et entrons dans la réserve naturelle des Aiguilles Rouges.

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Ca souffle fort. Nous continuons et surplombons le lac.

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Comme personne n’y va, on en profite. On descend 200 mètres de dénivelé. Il y a tout un itinéraire marqué par des cairns et des points jaunes.

Je vous le donne en mille ! Nous crapahutons comme des fous pour casser une petite graine au bord du lac et se tremper les pieds, et on entend des petites voix aiguës : les Japonaises ! Mortecouille !!! Les deux seules qui sont là ! Heureusement elles ne sont pas restées.

Le lac est hyper froid, on a les pieds bleus. Mangeons notre petit casse-croûte.

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Je ne peux m’empêcher d’escalader quelques rochers,

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mais on ne s’éternise pas trop, parce qu’il faudra remonter tout ce truc et redescendre vers le télécabine.

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Nous avons regagné Chamonix, bières et glaces sont au programme !

Un restaurant que je trouve bien kitsch : Le Dru, ce n’est pas là que nous avons mangé et bu.

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Puis retour au camping où nous nous acquittons de nos nuitées et

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où une bien belle surprise nous attend : Une chatoune qui nous prend en amitié et prend l’apéro avec nous !

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Traversée Balcon Nord – 19.10.2014

Avons réglé le réveil sur 7h00, j’avais des boules Quiès et ai mis du temps à l’entendre. Me lève pour aller l’arrêter. Brrrr, il fait un froid de gueux : 9°! Je retourne vite dans mon « petit nuage », ma couette tellement légère et chaude que je l’appelle ainsi. Nous dormons sans chauffage. Au début parce qu’on ne sait pas le mettre, mais nous apprendrons vite ! Et ce sera la première tâche qui incombe au premier levé : Arrêter le réveil, mettre le chauffage.

Un petit déjeuner costaud est préparé, pour moi sans confiture, mais avec du fromage afin d’éviter l’hypoglycémie. Vaisselle, toilette de chat. Filons prendre notre bus, la ligne n°2, qui nous mènera au départ du téléphérique de l’Aiguille du Midi. 9h30 nous y sommes.

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Il y a miraculeusement peu de monde !

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Nous prenons la montée jusqu’au Plan de l’Aiguille et retour par le train du Montenvers, nous réservant ainsi le plaisir de faire le balcon nord. A 10h00 c’est le départ. Une jeune femme de Megève accompagne des amis venus de l’Utah. Nous sympathiserons durant le montée.

Nous voilà au Plan. Il fait 7°. Nous en avons pour 2h30 jusqu’au Montenvers. Nous allons aux Grands Mulets, nan, je rigole, (un refuge s’appelle les Grands Mulets) deux ânes sympas broutent à côté du refuge du Plan de l’Aiguille,

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le Loup fera ami-ami avec l’un d’eux.

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Passons devant un charmant  refuge, très fleuri. Nous voyons un sign post et voulons découvrir les noms de ville inscrits, mais non, c’est un poteau indiquant la hauteur de neige. Je vous laisse imaginer les hauteurs attendues !

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Nous verrons ensuite un magnifique bivouac, avec un coin pour le feu.

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Le sentier passe au pied des aiguilles de Chamonix qui sont encore dans l’ombre.

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Aiguille du Midi

Nous marchons d’un bon pas pour nous réchauffer. Je n’arrête pas de m’extasier, les arbres sont de toutes les couleurs, c’est splendide. Le paysage est minéral. Un chasseur est croisé, je serai plus bruyante ensuite pour éloigner le gibier .

L’M se rapproche : Ca aurait dû être naguère ma première ascension, mais le temps ne l’avait pas permis.

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L’M

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L’M

Le soleil se lève sur l’Aiguille, la nature est magnifique, elle sent bon.

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La vallée de l’Arve est maintenant aussi au soleil. Le temps passe vite. Quelques personnes nous dépassent. C’est marrant de voir que les femmes portent rarement un sac à dos….

Une petite montée se pointe, j’ai peur qu’elle me casse le rythme, mais non. Tout se passe bien. C’est fou de voir que beaucoup de gens ne connaissent pas les règles de savoir-vivre en montagne. D’abord on se salue, puis celui qui monte a la priorité sur celui qui descend. C’est surtout les personnes âgées et les très jeunes qui ont tendance à l’oublier….

Nous arrivons au Signal 2200 m. et casserons une petite graine, vite rejoints par des chocards !

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Chemin menant au Signal, les Drus au fond

Le Loup leur donnera du fromage dont ils raffoleront,

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Chocards

quand il passera au pain, nous nous retrouverons très vite tout seuls 🙂

La descente s’amorce maintenant sur l’Hôtel du Montenvers.

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Grand Hôtel du Montenvers

Papa aurait tellement aimé aller dormir là-haut en dortoir…. Nous devions y aller avec lui, mais n’avons pas pu le faire…. La mer de glace a encore diminué, je n’ose imaginer la hauteur des échelles supplémentaires pour se rendre sur le glacier. Elle doit être interminable….

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Mer de Glace

Il y a un monde de fou au Montenvers. Nous nous précipitons à la gare et le train de 14h00, qui partira heureusement avec du retard à 14h30, nous redescendra vers la vallée dans un joyeux brouhaha.

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Une bière est savourée derechef. Ensuite une boulangerie est activement recherchée et trouvée. J’ai envie de faire les boutiques et propose au Loup de le laisser au salon de thé les « Petits Gourmands » et de faire mon tour. Finalement nous goûtons, et il y a tellement de monde que je n’ai pas envie de flâner. Le Loup n’en revient pas, Chamonix sans lèche-vitrine, c’est comme un hélicoptère sans hélice, ça n’existe pas ! Le bus nous ramènera au camping, où cette fois nous préparerons directement nos sacs pour le lendemain.

Petit apéro au soleil,

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puis douches. Le repas ce soir se compose de rösti et œufs au plat, avec pour le dessert un petit Quatre-quart, un bon vin arrose le tout. Nous n’osons pas prendre de café, de peur de mal dormir.

Le Loup se débrouille fort bien dans notre petite cuisine  !

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Nous dévorons, puis nettoyage de la cuisine :

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Je fais la vaisselle. On se brosse les dents et ……il est encore plus tôt qu’hier ! 20h20 !!

Tant pis je file me glisser dans mon petit nuage…. Bonne nuit !

Les Bossons – 18.10.2014

Début des vacances de « patates » Enfin !

Nous partons faire un tour avec notre motorhome. C’est fou, nous mettons un pied dans Vif-Argent et on se sent déjà en vacances, incroyable, l’interrupteur est mis sur « on » pour vacances et on a fermé la porte aux soucis.

Nous avions l’intention de partir vers l’Atlantique, mais le temps n’étant pas au beau fixe, nous avons revu notre itinéraire. Finalement, vu aussi les inondations un peu partout, nous nous dirigeons vers Chamonix. C’est dommage les campings en France sont souvent fermés au-delà de la mi-septembre. Heureusement pour nous celui des Deux Glaciers est ouvert pratiquement toute l’année (excepté de mi-novembre à mi-décembre).

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Vif-Argent au Camping des Deux Glaciers

D’abord un chien hirsute, Ploum, vient se frotter dans nos jambes, puis une charmante jeune fille, très souriante, nous accueille et prend l’initiative de nous donner un tas d’indications nécessaires, et nous laisse prendre la place qui nous convient.

Le choix de la place prend un peu de temps. Nous sommes sous le glacier des Bossons et celui de Taconnaz, l’Aiguille du Midi se dresse un peu plus loin, le Brévent en face. Une vue magique. La 93 fera notre affaire. Nous avons de l’espace, le soleil tape dur. Le rêve….

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Nous préparons notre lit, puis sortons chaises et table et démarrons l’apéro.

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Le ballet des hélicoptères est incessant au-dessus de nos têtes. Nous espérons que ce n’est pas pour des sauvetages, mais plutôt des survols touristiques.

Le soleil s’est maintenant caché, les vestes duvets sont enfilées et le repas se prépare. Nous allons marcher demain, donc un plat de pâtes est nécessaire. Puis un gros dodo…

Il est maintenant 20h45, le repas est englouti, la vaisselle est faite, les dents sont brossées, nous nous enfilons sous nos couettes. C’est comme en cabane, la nuit est tombée, nous nous couchons, nous sommes crevés comme s’il était déjà minuit … Il n’est que 21h00…