Agnès Vaillant (27 septembre 2013)

Le rendez-vous est pris pour 8h00, à l’autre bout de la ville. Nous sommes 4 à participer. J’y vais un peu à reculons. Le Loup me certifie que je vais adorer. Comme je ne suis pas très « bagnole », je reste un peu dubitative….

Il fait une belle matinée d’automne, un peu brumeuse. Direction  Pontarlier. Je ne regrette pas d’être venue, la route est magnifique, j’avais oublié ces beaux paysages du Jura, si pittoresques. Nous nous rendons sur le circuit de Lenclos, un circuit de karting agréé par la FIA (Fédération internationale de l’automobile) où des coureurs automobiles de F1 viennent s’entraîner. Excusez du peu !

J’ai un peu les flopettes. Dans la voiture on ne parle que de trajectoires, de virages coupés, d’accélérations et de freinages…. Et moi je regarde les vaches et les moutons. Chacun ses intérêts !

Nous y sommes ! L’accueil est sympa, puis on nous envoie nous changer.P1070750Nous revêtons chacun une combinaison. La mienne et celle du Loup seront bleu roi,P1070752Vincent sera en rouge et Rigoberto en noir. Nos casques, tours de cou, et gants sous le bras, nous avons l’air de vrai pro !

Evidemment, Le Loup me dit : ça y est ! Tu as enfin intégré l’équipe de Michel Vaillant comme pilote !

Michel Vaillant. Ce héros de bande dessinée me replonge dans mes jeunes années avec mes deux frères. Mon grand frère, François, était Michel Vaillant, mon moyen frère, Romuald,  était Steve Warson. Et moi ? Moi j’étais Agnès, la sœur de Michel. Et nous passions des journées à jouer sous l’identité de nos héros, au « Scarlextric » jeu de voitures de course électriques sur un grand circuit rempli de chicanes, verglacées ou non, avec son compte-tour énervant ! Enfin quand je dis jouer, eux ils jouaient, parce que moi je regardais, Agnès n’était pas pilote, elle prodiguait les encouragements et je restais cantonnée dans ce rôle…  Jusqu’à ce que j’aille cafter que mes frères ne voulaient pas jouer avec moi. Là, Maman les obligeait à me prêter une voiture. Evidemment comme je n’avais pas l’habitude, je la faisais dérailler à tout bout de champ, ce qui les agaçait prodigieusement !

On nous attribue un kart à chacun et les règles de sécurité nous sont expliquées.P1070756L’engin n’est pas bien grand, je me laisse tomber dans mon baquet. On est vraiment au ras du sol, presqu’assis sur le bitume.P1070777Puis les explications attentivement écoutées, nous nous rendons sur le circuit. Dieu que ce volant est dur à tourner !!!

Les deux premiers tours doivent être des tours d’observation et de chauffement de pneus. Très bien, moi j’ai observé et chauffé durant les 10 minutes. Je roule tellement lentement que j’ai le temps de descendre pour me regarder passer !P1070774

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A la fin des 10 minutes, il y a un type qui brandit un drapeau à damier et on doit lever le bras pour dire qu’on l’a vu et qu’on se rend au stand. Des vrais pros, je vous dis !

Et là tous les mâles se précipitent pour regarder leur temps. Parce que nous sommes bien sûr chronométrés. Moi j’avoue, je ne cours pas.

Vincent (1’02’’), Rigoberto (1’03’’) se tiennent de peu dans des temps très honorables. Le Loup et moi on a bien observé. Mon temps est de 1’37’’ ! Pas génial. Le Loup a fait mieux 1’22’’.

Le Loup et moi sautons le tour suivant et prenons des photos, filmons. Nous observons aussi ceux qui sont venus avec leur propre kart et les ajustent dans un bruit assourdissant de tondeuse à gazon. En revanche, elles bardent leurs « tondeuses » !P1070768

Le dernier tour se fera tous ensemble. J’ai plus la pêche et ne laisse pas tout le monde me passer devant. Je m’élance. Durant le laps de temps où je me suis arrêtée mon cerveau a emmagasiné les données, et je vais plus vite. Je me fais plaisir même. Je passe mes virages à vive allure et me surprends à éclater de rire toute seule dans mon bolide. Dans la ligne droite, je monte à 100km/h, facile en quelques secondes. Nous avons de sacrées bombes entre les mains. Ce ne sont pas les kart 4 temps que tout le monde peut conduire. Vincent a demandé des Rotax, 2 temps, 125 cm3. Je sens vraiment la voiture partir à fond quand j’écrase l’accélérateur et me coller dans  mon siège. Puis debout sur le frein pour ne pas finir mon virage dans le bac à sable (comme certain) ! Je ne m’y suis pas frotté au bac à sable, mais Vincent : Oui !  Ce qui me permettra de le doubler deux fois !!!

J’adore. La vitesse est grisante. Je pourrai de venir complètement addict de ce sport-là. J’essaie de passer mes virages en freinant le moins possible et manque de sortir de la piste….

Le drapeau à damier est agité, il faut rentrer. Dommage. Les 10’ ont passé comme l’éclair.

Nous nous précipitons pour voir nos temps.

Vincent (1’00’’) a mis 1 seconde à Rigoberto (1’01’’), Le Loup (1’14’’, presque 15’’) et moi (1’15’’). J’ai amélioré mon temps de 22 secondes ! Je suis fière comme Artaban ! Si je m’écoutais, j’y retournerai. Le Loup avait raison, J’a-do-re ça !!!

Nous boirons un coup en reparlant de chaque virage…. Je ne me croyais pas capable de ça !Les garçons se mettent sur le podium !P1070780Puis, sans Rigoberto qui malheureusement devait impérativement être à son travail, nous irons déjeuner à L’Auberge des Salines. Ce sera simple, délicieux, dans une ambiance bon-enfant, un menu à 11€ !

Puis le retour. Nous sommes fourbus. Des douleurs au dos, aux bras et jambes se font sentir.

Encore un petit détour par une piste à travers la forêt qui a fait de l’œil à Vincent et nous voilà cahotants et hilares, cueillant des champignons bleus qui foisonnent par-là. Nous ne saurons jamais s’ils étaient comestibles, aucun pharmacien n’a osé en prendre la responsabilité !

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Bendollaz – Moiry (21 juillet 2013)

Ce jour-là nous sommes partis pour une baladette de quelques heures dont le début fût très sympa, et la fin, longue comme un jour sans pain.

Direction Grimentz et ses beaux chalets fleuris, montons en télécabine à Bendollaz. Il y a beaucoup de monde (Y’a le marché ?), non une fête sur l’alpage. Nous sommes accueillis au son du cor des alpes et des cuivres.P1060604Plus nous montons et plus le son est fort, bonne musique d’encouragement. La nature bat son plein, des fleurs partout et surtout les orchis vanillés que j’adore et qui sentent tellement bon.P1060615

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P1060620Il fait chaud, profitons-en, ça ne durera pas….

Petite pause grain-grains durant laquelle nous piquons une petite jasette avec deux couples qui se préparent pour la course Sierre-Zinal et peaufinent leur entraînement. On se dit : A bientôt ! Et ils filent, leur chien leur ouvrant la route.

Le seul chamois que nous croiserons !P1060612Petit passage de névéP1060622Ca grimpe sec, passage de petit pont. Le temps change, premier edelweiss, je le sais qu’il y en a par iciP1060627Partout des fleursP1060628

P1060630Le Loup râle parce que je prends mon temps et photographie à tout va ! Je perds du temps parce que je n’ai pas envie de marcher ce qui va suivre.

C’est comme le soir, quand je dois me démaquiller, ça me casse tellement les pieds, que je perds du temps, je parle au Loup pendant qu’il lit (ce qu’il déteste ;), je range des trucs qui n’ont pas besoin de l’être, etc….Comme si le fait de ne pas me démaquiller tout de suite allait faire en sorte que je puisse l’éviter ! Le Loup connaît trop bien mon stratagème ! Hélas ….

Pareil là. Je ne veux pas voir le long bout inintéressant à parcourir.

De sorte que pour y palier le Loup prend une grande décision. On coupe au plus court et on passe par le torrent et le marécage.

Il ôte ses chaussures, les met autour de son cou,P1060631et traverse le torrent. Mais surtout : il ne m’attend pas.P1060632Je suis bien obligée de faire pareil ! Je mets mes chaussures autour de mon cou, mais je les attache trop haut et tous les gens que nous croiserons par la suite se demanderont toujours pourquoi j’ai de la terre sur les seins !!!P1060634En plus je suis une princesse au petit pois, moi. Je sens tous ces petits cailloux pointus sous ma tendre plante des pieds….Je râle. Et puis l’eau est glaciale, à tel point que je me demande comment je vais traverser sans faire pipi ! Mais le pire c’est le marécage, où chaque fois qu’on enfonce le pied, un ou deux crapauds surgissent aussitôt ! Beurk !

Pour me récompenser, le soleil refait une apparition et de belles fleurs jalonnent le chemin.P1060640Nous arrivons au col…. L’orage aussi ! On se prend des grêlons.P1060647La descente se fait rapidement, il ne faut pas rater le car postal.

Enfin le barrage de Moiry,P1060660mon Loup sur le-dit barrageP1060661et une bière-grenadine » !P1060662

Effectivement au restaurant du barrage, tout le monde lorgne mes seins avec perplexité….

Ma marotte !

Je suis ravie, nous sommes allés à Uvrier pour le plus grand vide-grenier valaisan (faut dire qu’il est à peu près le seul :mrgreen: )

Le Loup a une sainte horreur des vide-greniers. Il me suit pour me faire plaisir, mais on peut lire sur sa face que franchement….passer autant de temps à ça…..

Moi, j’adore ! Je dois tenir ce goût de mon père, qui aimait faire les marchés aux puces et ramenait régulièrement des tonnes de bouquins à la maison. Je fais pareil !

Les vêtements m’attirent également. Une amie très chère m’a initiée aux magasins de seconde-main, donné les bonnes adresses sur Genève et de là j’ai élargi aux vide-greniers. De toute façon je n’achète qu’en période de soldes (à savoir au moins 50% moins cher) ma façon à moi de moins consommer. Et je trouve des tas de trucs épatants, sacs, vestes, pulls, parfois pantalons.

De passage à Chamonix, mon Loup donnant un cours d’alpinisme, je l’ai abandonné avec ses copains et ai fureté pour mon compte. Il régnait une chaleur d’enfer !

Je tombe en arrêt devant une veste en cuir. Je sais qu’elle m’ira. En plus elle est déjà patinée exactement comme j’aime. Le prix : 10 €. Pour le sport, j’en propose : 8.  La dame est inflexible, c’est : 10 € ! C’est une belle veste, de marque, et blabla et blabla…. Comme j’en ai vraiment envie, je la prends, la ramène à Genève et l’oublie durant la canicule.

Des jours plus froids et venteux arrivant, je la mets,  plonge les mains dans les poches, et….. découvre : 2 €, oubliés par la dame de Chamonix !!!!