Ch’uis allée chez le Docteur !

Nous sommes redescendus papa et moi que mercredi. C’est pour qu’il y ait moins d’embouteillages sur la route et que je poireaute moins longtemps dans ma caisse à chat de transport.
Maman, elle était toute malade à la maison, mais ça l’a quand même pas empêché de voir que j’allais un peu moins bien. Je sentais qu’elle me surveillait sec.
Moi j’ai pensé : j’ai sûrement un rendez-vous chez la dame en blanc, sinon je serai encore au chalet.
Gagné ! Ils l’ont pris pour mardi prochain !
Mais je sais pas ce qui se passe, c’est vrai que je me sens pas au top, j’ai plus faim, je bois beaucoup mais ça suffit pas. Ca n’a pas échappé à l’œil vigilant de ma maman.
Vendredi en urgence elle m’a déposé chez la dame en blanc. Et là je suis vraiment fâchée, car elle m’a ABANDONNEE là. Je suis restée toute seule, eux ils sont partis.
Heureusement il y avait Céline, la fille d’une amie de maman, qui s’est occupée de moi. Elle est gentille Céline, elle m’a mis mes petites couvertures favorites dans une grande cage où j’ai dû rester.
Elle m’a bien cocolée, Céline, elle est gentille, elle ! J’ai eu à manger des trucs épatants : des filets de poulet !
Après les choses se sont un peu gâtées. Comme d’habitude on m’a rasé une patte pour me voler du sang. Fait des examens, puis retour dans ma cage. Dommage que Jujunette ne soit pas venue avec moi, ça m’aurait bien passé le temps…. On aurait pu se raconter des bêtises…
Après la dame en blanc elle est venue me raser l’autre patte et essayait de m’enfiler un truc : un cathéter, qu’elle disait. J’ai pas voulu. Je me suis mise à gronder en prenant un air féroce. Hi hi hi, elle a eu peur !
Alors elle m’a fait une piqûre qui m’a rendue toute chose… Je tenais plus bien sur mes pattes, j’avais les yeux qui se croisent…
Et alors ?? Zorro est arrivééé. Non pas Zorro, évidemment, mais maman. Je me suis dit : chic ! Je vais rentrer à la maison.
Pas du tout. La dame en blanc elle a expliqué que j’étais déshydratée et que j’avais une cystite ??? Maman elle était toute triste, me faisait plein de câlins. J’ai voulu la consoler, mais j’ai vomi.
Et là j’ai compris qu’on allait faire tout ce que la dame en blanc voulait, c’est-à-dire : me mettre le cathéter, me perfusionner d’eau et que j’allais passer la nuit ici. Alors là, Jujunette, elle m’a vraiment manqué.
Le lendemain ma copine Céline était de nouveau là, Yesss ! Ben vous allez pas le croire, mais je me sentais beaucoup mieux. Elle m’a donné à manger, je me suis ruée dessus. Me reconnais plus. Papa et maman sont venus plus tard me chercher, ils étaient tout content et moi j’ai fait semblant de pas l’être….

 

Mon carrosse

 

Mon « cheval »

 

Arrivée à la maison, j’ai fait la « bouche ». Non mais ! M’abandonner comme ça, même si finalement j’ai trouvé cool et en plus j’ai un gros pansement jaune sur la cathéter-patte et ça énerve Jujunette, elle est jalouse. 
Bon j’ai plus ma démarche de top-modèle comme avant, m’enquiquine ce gros truc. Ensuite, ils me l’ont ôté, j’ai léché, j’ai saigné, et vlan, ils me l’ont remis. J’ai pas capitulé, j’ai reléché, me suis bien énervée dessus et il a définitivement disparu… C’est affreux : je suis chauve des pattes !!
Malgré tout elles était bien gentilles la Docteure et Céline, elles m’ont bien soigné. J’y retourne lundi parce que je dois encore avoir des soins. A très vite…
Chanel

Escapade !

Pffft ! Maman elle parle de moi déjà presqu’à l’imparfait, mais j’ai des ressources, moi, Foi de Chanelou !

Ce matin, j’ai demandé à sortir plusieurs fois, mais comme il faisait encore -8°, ils étaient pas d’accord. Alors quand le soleil s’est pointé, vers 9h00 ce fainéant, ils m’ont enfin ouvert la porte. J’ai bondi (enfin, presque), ai fichu la trouille aux oiseaux (bien fait, ils arrêtent pas de me narguer quand je suis de l’autre côté de la porte) et j’ai fait mon p’tit tour. C’est cool ! Le soleil me chauffe le dos.

Je me cache derrière un poteau du balcon et guette les imprudents qui pourraient passer à ma portée…. Font moins les malins, il n’y a plus une plume qui passe.
Oh, mais j’avais oublié ce petit chemin qui mène vers la porte d’entrée, avec son tas de bois. Chic ! Il y a toujours plein d’odeurs. Voyons qui est passé ? L’écureuil Spirou, oui ! Le renard, peut-être…. Le lièvre, oui je le sens bien ! Chatouille aussi, la voyoute ! Tonnerre, il y a des tonnes d’informations ce matin, j’ai vraiment droit au journal du week-end !
Je reviens sur mes pas. Zut ! Toujours ce fichu caillebotis qui me fait mal aux pattes !
Hé, hé, je me sens l’âme vagabonde ce matin. Je vais prendre le petit passage que papa a dégagé avec sa pelle. La neige est bien tassée, ça devrait aller…Voyons….Brrr c’est froid, mais quelle aventure ! Je m’échappe ! Je suis sur la route, tralala !
Hélas ce fut de courte durée. Papa m’a bardé au train, attrapée et ramenée dare-dare à la maison. Mon image de marque en a pris un sacré coup ! J’ai eu l’air malin avec papa en robe de chambre, les gambettes à l’air dans ses vieilles chlapettes en plastique…. M’en fiche, je recommencerai à la première occasion…

Chanel

 

Ski de fond

Le début des vacances a été marqué par un temps de chien : neige abondante, grand froid. Je dis temps de chien, mais en réalité j’adore ça. Nous avons donc fait les marmottes, de plus je soigne ainsi un satané virus attrapé à Genève qui me met sur les rotules.

Lorsque des journées de beau sont annoncées, nous nous précipitons sur nos skis de fond. A cette époque le ski de piste ne nous emballe pas, trop de monde, la peau de phoque est dangereuse, le danger d’avalanche est maximum. (Malgré cela certains n’ont pas su résister à l’appel du hors-piste et l’un d’entre eux est toujours sous 6-7 mètres de neige à la Bella Tola…Les recherches ont malheureusement dû être abandonnées….)

Un truc épatant est établi dans la vallée. En hiver pour éviter l’engorgement des voitures sur les routes et dans les parkings, un service de car postal permet de passer d’une station à l’autre gratuitement.

Départ pour Vissoie : un renard se dore au soleil, une biche grignote en contre-bas. Changement de car, départ pour Grimentz.

Nous avons pris pour but : l’Ecurie. Petit restaurant tenu par Etienne Salamin, l’ancien gardien de la cabane Moiry. Chaussons nos skis, c’est la deuxième fois que j’en fais. Le principe est simple et je le retrouve vite et tant qu’il n’y a pas de descente : pas de problème. En revanche, s’il y en a……Je suis morte de trouille.

Ben oui, faut que je vous raconte : Le Loup, il aime pas les trucs balisés, plein de monde, alors nous avons des skis de fonds pour faire du hors-piste (je sais, je sais, mais nous on se renseigne toujours auprès d’un guide avant de partir). Nous avions inauguré mon nouveau matériel à la Givrine. Les pistes étaient complètement gelées, nous les avions quittés ensuite et étions partis dans la poudreuse, j’en garde un souvenir ébloui. Petit casse-croûte au pied d’un sapin, puis retour : moins cool. En hors-piste c’était génial, mais en rejoignant les rails glacés, j’avais vite compris que ça allait devenir « casse-gueulette ». Effectivement, mes skis étant neufs, ils glissent à merveille et en descente je prenais vite de la vitesse, pas moyen de se mettre en chasse-neige, je n’arrive pas à sortir des rails, je n’arrive pas non plus à freiner en sorcière, assise sur mes bâtons, alors pour ne pas rentrer dans le Loup, je me laisse tomber sur les fesses. Bilan de la course : le dos en capilotade et un rendez-vous en urgence chez l’ostéo !

Donc tâchons de faire mieux. C’est facile, la piste est plus molle et on est pratiquement à plat, ça monte un peu.

Trop bien, trop beau. Plein de neige, plein de traces de lièvres et de cervidés.
Soleil éclatant, froid de canard, mais comme on bouge ça va. Puis nous devons quitter ce chemin pour monter chez Etienne. Croyant que nous y sommes presque je garde mes skis et monte en canard. Crevant ! Je les ôte aussi et on se tape une sacrée montée.

L’Ecurie enfin ! L’accueil d’Etienne est chaleureux. C’est beau chez lui.

Nous nous installons et le Loup gourmand et affamé commande un rösti flambé au cognac. Suivront des meringues à la crème….. Nous admirons la dextérité d’Etienne pour faire sauter son rösti dans la poêle.

La vue depuis là-haut est à couper le souffle. Il s’est bien choisi son coin !

Nous devons nous presser, nous ne voulons pas rater le car de 15h51. Nous saluons Etienne et son aide, promettons de revenir et descendons rapidement. Plus loin les skis sont chaussés et je n’ai pas le temps d’avoir peur en descente…. Nous arrivons juste, le car est là.

A Vissoie, changement de car. Dans l’agitation qui régnait durant le transfert des skis sur la plate-forme arrière, avec une dame qui nous explique comment les installer et mettre la protection afin qu’ils ne tombent pas en route. Nous savons tout cela et elle me gonfle avec ses explications. Enfin bref, dans cette cohue magistrale, nous démarrons et partons…….pour Zinal ! Bien joué ! Comme deux couillons nous sommes montés dans le mauvais car ! Sophie la conductrice nous déposera au premier arrêt et nous reviendrons à pied, nos skis sur l’épaule jusqu’à Vissoie où nous attendrons 2 heures à la boulangerie-tea-room du Café des Alpes.
Ah ben ça ! On a eu raison de se grouiller chez Etienne !!!!
Pour remonter à St-Luc c’est de nouveau Sophie qui nous prend dans son car. Elle aura la gentillesse de ne faire aucun commentaire…

Le lendemain il fait encore assez beau, nous repartons pour Grimentz. Cette fois c’est le car qui part avec nos skis, il ne nous laisse pas le temps de décharger, nous lui courons après… Quelle rigolade !

Refaisons le parcourt de la veille et le prolongeons. C’est magnifique, même par temps couvert.

Il ne fait pas chaud. Il y a des pétées de neige.

On ne va pas très vite. La journée d’hier a mis en exergue des muscles que nous avions oublié.
La façon du Loup de porter ses skis est très élégante….

la mienne l’est moins….

Le retour se passe sans encombres, retour au chalet dans les temps, pas mal hein ?

Chanel

J’en parle peu mais elle ne nous quitte plus. Nous ne pouvons plus nous absenter en la laissant seule.

Elle ne va pas bien ma Chanel. Une visite chez la vétérinaire sera faite très bientôt.

A Carouge elle est assez léthargique, en revanche au chalet plein de trucs mobilisent son attention. Elle doit faire les escaliers plusieurs fois par jour : pour manger, aller dans sa caisse, envoyer ses mails depuis le bureau… Et elle adore aussi sortir. C’est un vrai chien, dès qu’elle pose une patte sur la terrasse elle renifle tout. Tout y passe : elle lit son journal ! Ca lui prend un temps fou. Et cela même par les températures glaciales qui sévissent ces jours. Depuis quelques temps d’ailleurs le froid lui fait faire une mimique bizarre. Pourtant c’est une montagnarde ma Chanel, elle vient de Morzine où elle adorait courir dans la neige.

Elle a aussi sa TV : elle s’installe devant la porte-fenêtre, regarde les oiseaux et écureuils qui viennent se nourrir chez nous. Ca l’énerve et elle réclame à grands cris et coups de patte qu’on lui ouvre la porte….
Mais c’est un peu le chant du cygne, je vois qu’elle décline, elle mange moins, parfois elle ne parvient plus à monter sur le canapé, le lit, elle est toute maigrounette et ça me broie le cœur….