Marchouille vue par Vaé

Tout le monde me le réclamait : voici enfin le tant attendu « notes de marchouille » de Valérie !
Bonne lecture.


En avant pour le retour des notes de marchouille!!

Chez Douchka, l’impatience est à son comble de part et d’autre, surtout d’autre en fait, car de part n’en mène pas large et n’est plus très sûre d’avoir envie de suivre les yeux fermés un Chaton et un Loup qui n’en finissent pas de grimper et ne daignent poser les plaques qu’après 10 heures de trotte.
Montée en « GE 11917 » vendredi après-midi, par une superbe journée qui pousse à la pause-détente à Chamonix. Maison de la Presse et petit goûter se sont fissa fait régler leur compte.
Arrivée chez Douchka vers 19h30, ya du monde au balcon, un beau Loup en l’occurrence, on flatte Chanelou et on s’en va en voiture au Café de la Poste… à 50m en contrebas. Mais dixit l’adjudantinette, quand on marche, on marche, quand on va manger, on va manger. Et puis une voiture devant le resto leur fera venir du monde. Moui.
Le monde n’est pas vraiment venu, en revanche, les filets de perche, si, et pour notre plus grand bonheur!!!! Un vrai régal, et le comble de la snobinerie, des filets de perche à 2000m, manquerait plus qu’elles viennent du Mexique. Une belle part de tarte aux mirabelles ensuite, et les troupes repartent repues et prêtes à une bonne grosse nuit pré-marchouille, avec réveil à 7h30.
Le coucher est toutefois décalé et repoussé en raison de fous rires en salle de bain pour des histoires de gouttière à laisser, la nuit sera moins longue que prévu.
Il a finalement été décidé, en compagnie des perches, que le projet « Cabane du Grand Mountet » était peut-être un peu ambitieux, et que celui du Tour du Haut-Lac de Moiry (ou Haut Tour du Lac de Moiry, ou Haut Lac du tour de Moiry, bref) conviendrait parfaitement. Un beau parcours d’intervalle training (=qui monte et qui descend à l’envi), à faible dénivelé général (250m), mais qui fait que monter et redescendre (=intervalle training donc), sur une distance d’environ 8h, selon le Loup. Et surtout, un parcours qui surplombe tout du long un lac d’une beauté époustouflante, d’une couleur jamais vue, sorte de bleu vert turquoise luminescent et mate, scintillant par moments, qui nous comblera et nous ragaillardira dans les instants moins pêchus.

Après un bon (et long, papote oblige, on reste des nanas) pti-déj’ pain beurre frometon de l’alpage du Rouaz, départ à 9h15 pour les hauts de Grimentz. Arrivée au barrage, c’est là que tout commence. Enfin… devrait! Une petite confusion de chaussures contraint le Loup à retourner voir Douchka, qui lui remettra la paire idoine sans laquelle je n’aurais jamais pu marchouiller. En effet, je mets d’habitude la paire « glacier » de Wlado, qui lui est 1/2 pointure trop juste, (à ma décharge, Miss Big Foot), et là je me retrouvais avec celle de Tantinette, qui lui est également 1/2 pointure trop juste, d’où la légère sensation de compression du gros orteil dès l’enfilage. Qu’à cela ne tienne, le vaillant Loup s’en rechlorote pendant que Tantinette et moi-même sirotons un breuvage au barrage, contemplant le lever du soleil sur le lac (il fait jour tard en altitude:-D).
Le départ est finalement donné à 11h15. J’essaie de faire bonne figure mais je ne suis pas en forme. J’ai la boule au ventre et le cœur qui cogne, vite et fort. Oui certes ça grimpe, mais ça cogne pas de la grimpe. Que me réservent-ils ce coup-ci? Vais-je tenir le coup? Aurai-je de quoi fièrement alimenter une note de marchouille? On est pas passé loin de la page blanche…
Le cadre est magnifique, le temps splendide, la température idéale, bref, toutes les conditions sont réunies pour une merveilleuse balade, mais je ne me détends pas. Et si j’y arrivais pas? Je pense à ça en boucle. Première halte à la Tsigère, le nom d’un chalet d’alpage, et pas une plante cousine de la fougère, grains-grains et thé-thé, on enlève une couche, on fait un petit pipi et on repart. Ca grimpe plus ardu, moins au soleil, plus vertigineux sur la gauche.

Je fais remarquer qu’on pourrait marcher n’importe où de moche puisqu’à devoir marcher dans les pas de son prédécesseur on profite pas vraiment de la vue. Tantinette voit tout de même un minuscule cairn de crêpes dentelle (4cm de haut, bien visible de loin, idéal!)
et Wlado frime avec son piolet en cassant des plaques de glaces bien épaisses qui n’avaient pas encore fondu à l’ombre.
De temps en temps, des odeurs d’herbe à merdouille nous escortent, nous nous disons qu’il faudra quand même éclaircir un jour ce mystère et démasquer les coupables… Nous avançons toujours, mais le barrage, notre point de départ lui, ne semble pas beaucoup s’éloigner. Pour me redonner courage et calmer mon angoisse, Tantinette me suggère de ne penser qu’à ce que je vois. Donc mes pieds. Deuxième pause, grains-grains-thé-thé, et petit état des lieux de la Vaé, qui n’est pas des mieux. Une bonne mise à plat, une bonne discussion bien recadrante et rassurante réussissent finalement à lui redonner confiance et à lui embaumer le cœur, et tout le monde repart le sien léger. La descente s’amorce, la jambe est leste, l’arrêt pique-nique est proche. Nous pique-niquons les pieds dans l’eau (fidèles lecteurs/trices de Jujunette des Alpages, méfiez-vous, l’expression n’est qu’une image, la seule chose qui entrera en contact avec l’eau à 2° du petit ru c’est un malheureux Blévita qui m’échappera des mains (les bleus, au sésame, miam) mais pas le moindre pied. Quelque lard d’Anniviers, fromage de l’alpage, biscuits et chocolat Touriste (noir avec amandes, noisettes et… raisins, beuh quelle idée) plus tard, nous revoilà en piste, il est 15h30, on s’était gardé l’option de rentrer en car postal si Vaé péclotait trop, ou alors de longer le lac par le bas, bien plus court, mais il n’en est plus question, l’équipe est au taquet et la grimpette reprend. En effet, après un retour à 2250m, il faut bien regagner les 2600m de nos hauteurs. Nous demandons à Wlado à quelle hauteur on est exactement, histoire d’évaluer nos efforts, et à notre grand étonnement, l’altimètre indique 15.09m… On est descendu tant que ça??? Bon, nous comprenons finalement qu’il s’agit de la date, et nous attaquons la montée à 2254m. La 2ème moitié du lac se fait dans la légèreté, des sacs d’abord, puisque les gourdes se vident gentiment, et des esprits, car ça commence à sentir l’écurie (et toujours l’herbe à bouse de temps en temps).

Nous croisons des vaches, plein de vaches, qui cheminent à grands pas vers l’autre versant de la vallée en direction du glacier (pour faire du frozen yogurt, certainement) et joie, nous apercevons même des marmottes ! C’est toujours Tantinette qui les décèle, mais on arrive tout de même à en voir des bribes.

Pour les photos, ben ma foi, ça reste de la marmotte furtive. Nous voyons aussi des tas d’edelweiss, tout poilus du coeur, apparemment en pleine pollinisation. Ca monte bien dru au début, puis ça vallone gentiment, on monte un peu, on descend un peu, cette deuxième partie est bien plus aisée que la première. D’ailleurs, elle ne mérite même pas une pause grains-grains, c’est tout dire !!! Bien dommage d’ailleurs…;-) 

Nous arrivons finalement en surplomb du barrage, par l’autre côté, et nous redescendons en courant vers Chloro, en coupant comme des bœufs à travers une pente à marmottes, tout anarchiquement, plus question de rester dans les pas de qui que ce soit, Tantinette file tout droit, Wlado en colimaçon, et moi en biais. Chacun pour soi!! Et nous atteignons Chloro à 17h58, j’ai gagné mon pari j’avais dit 18h. Le bistrot du barrage est déjà clos, (pour la bière de Wlado, paraît-il que ça accélère la récup, mais oui mon Wlado^_^) alors on file chez Douchka, bien contents et bien fiers de nous et de ces 6h45 d’expédition.

En sortant de la voiture, ben… on a un peu mal aux pieds, et aux ptis côtés, mais une bonne douche et un bon repas ravigotant, peut-être aussi du magnésium et de l’arnica, certes, nous remettrons d’aplomb et le réveil du dimanche se fera dans la pleine forme et sans douleur.
Quelle belle journée!!!

Pas de quoi s’en faire toute une montagne:-)!

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