Marchouille vue par Vaé

Tout le monde me le réclamait : voici enfin le tant attendu « notes de marchouille » de Valérie !
Bonne lecture.


En avant pour le retour des notes de marchouille!!

Chez Douchka, l’impatience est à son comble de part et d’autre, surtout d’autre en fait, car de part n’en mène pas large et n’est plus très sûre d’avoir envie de suivre les yeux fermés un Chaton et un Loup qui n’en finissent pas de grimper et ne daignent poser les plaques qu’après 10 heures de trotte.
Montée en « GE 11917 » vendredi après-midi, par une superbe journée qui pousse à la pause-détente à Chamonix. Maison de la Presse et petit goûter se sont fissa fait régler leur compte.
Arrivée chez Douchka vers 19h30, ya du monde au balcon, un beau Loup en l’occurrence, on flatte Chanelou et on s’en va en voiture au Café de la Poste… à 50m en contrebas. Mais dixit l’adjudantinette, quand on marche, on marche, quand on va manger, on va manger. Et puis une voiture devant le resto leur fera venir du monde. Moui.
Le monde n’est pas vraiment venu, en revanche, les filets de perche, si, et pour notre plus grand bonheur!!!! Un vrai régal, et le comble de la snobinerie, des filets de perche à 2000m, manquerait plus qu’elles viennent du Mexique. Une belle part de tarte aux mirabelles ensuite, et les troupes repartent repues et prêtes à une bonne grosse nuit pré-marchouille, avec réveil à 7h30.
Le coucher est toutefois décalé et repoussé en raison de fous rires en salle de bain pour des histoires de gouttière à laisser, la nuit sera moins longue que prévu.
Il a finalement été décidé, en compagnie des perches, que le projet « Cabane du Grand Mountet » était peut-être un peu ambitieux, et que celui du Tour du Haut-Lac de Moiry (ou Haut Tour du Lac de Moiry, ou Haut Lac du tour de Moiry, bref) conviendrait parfaitement. Un beau parcours d’intervalle training (=qui monte et qui descend à l’envi), à faible dénivelé général (250m), mais qui fait que monter et redescendre (=intervalle training donc), sur une distance d’environ 8h, selon le Loup. Et surtout, un parcours qui surplombe tout du long un lac d’une beauté époustouflante, d’une couleur jamais vue, sorte de bleu vert turquoise luminescent et mate, scintillant par moments, qui nous comblera et nous ragaillardira dans les instants moins pêchus.

Après un bon (et long, papote oblige, on reste des nanas) pti-déj’ pain beurre frometon de l’alpage du Rouaz, départ à 9h15 pour les hauts de Grimentz. Arrivée au barrage, c’est là que tout commence. Enfin… devrait! Une petite confusion de chaussures contraint le Loup à retourner voir Douchka, qui lui remettra la paire idoine sans laquelle je n’aurais jamais pu marchouiller. En effet, je mets d’habitude la paire « glacier » de Wlado, qui lui est 1/2 pointure trop juste, (à ma décharge, Miss Big Foot), et là je me retrouvais avec celle de Tantinette, qui lui est également 1/2 pointure trop juste, d’où la légère sensation de compression du gros orteil dès l’enfilage. Qu’à cela ne tienne, le vaillant Loup s’en rechlorote pendant que Tantinette et moi-même sirotons un breuvage au barrage, contemplant le lever du soleil sur le lac (il fait jour tard en altitude:-D).
Le départ est finalement donné à 11h15. J’essaie de faire bonne figure mais je ne suis pas en forme. J’ai la boule au ventre et le cœur qui cogne, vite et fort. Oui certes ça grimpe, mais ça cogne pas de la grimpe. Que me réservent-ils ce coup-ci? Vais-je tenir le coup? Aurai-je de quoi fièrement alimenter une note de marchouille? On est pas passé loin de la page blanche…
Le cadre est magnifique, le temps splendide, la température idéale, bref, toutes les conditions sont réunies pour une merveilleuse balade, mais je ne me détends pas. Et si j’y arrivais pas? Je pense à ça en boucle. Première halte à la Tsigère, le nom d’un chalet d’alpage, et pas une plante cousine de la fougère, grains-grains et thé-thé, on enlève une couche, on fait un petit pipi et on repart. Ca grimpe plus ardu, moins au soleil, plus vertigineux sur la gauche.

Je fais remarquer qu’on pourrait marcher n’importe où de moche puisqu’à devoir marcher dans les pas de son prédécesseur on profite pas vraiment de la vue. Tantinette voit tout de même un minuscule cairn de crêpes dentelle (4cm de haut, bien visible de loin, idéal!)
et Wlado frime avec son piolet en cassant des plaques de glaces bien épaisses qui n’avaient pas encore fondu à l’ombre.
De temps en temps, des odeurs d’herbe à merdouille nous escortent, nous nous disons qu’il faudra quand même éclaircir un jour ce mystère et démasquer les coupables… Nous avançons toujours, mais le barrage, notre point de départ lui, ne semble pas beaucoup s’éloigner. Pour me redonner courage et calmer mon angoisse, Tantinette me suggère de ne penser qu’à ce que je vois. Donc mes pieds. Deuxième pause, grains-grains-thé-thé, et petit état des lieux de la Vaé, qui n’est pas des mieux. Une bonne mise à plat, une bonne discussion bien recadrante et rassurante réussissent finalement à lui redonner confiance et à lui embaumer le cœur, et tout le monde repart le sien léger. La descente s’amorce, la jambe est leste, l’arrêt pique-nique est proche. Nous pique-niquons les pieds dans l’eau (fidèles lecteurs/trices de Jujunette des Alpages, méfiez-vous, l’expression n’est qu’une image, la seule chose qui entrera en contact avec l’eau à 2° du petit ru c’est un malheureux Blévita qui m’échappera des mains (les bleus, au sésame, miam) mais pas le moindre pied. Quelque lard d’Anniviers, fromage de l’alpage, biscuits et chocolat Touriste (noir avec amandes, noisettes et… raisins, beuh quelle idée) plus tard, nous revoilà en piste, il est 15h30, on s’était gardé l’option de rentrer en car postal si Vaé péclotait trop, ou alors de longer le lac par le bas, bien plus court, mais il n’en est plus question, l’équipe est au taquet et la grimpette reprend. En effet, après un retour à 2250m, il faut bien regagner les 2600m de nos hauteurs. Nous demandons à Wlado à quelle hauteur on est exactement, histoire d’évaluer nos efforts, et à notre grand étonnement, l’altimètre indique 15.09m… On est descendu tant que ça??? Bon, nous comprenons finalement qu’il s’agit de la date, et nous attaquons la montée à 2254m. La 2ème moitié du lac se fait dans la légèreté, des sacs d’abord, puisque les gourdes se vident gentiment, et des esprits, car ça commence à sentir l’écurie (et toujours l’herbe à bouse de temps en temps).

Nous croisons des vaches, plein de vaches, qui cheminent à grands pas vers l’autre versant de la vallée en direction du glacier (pour faire du frozen yogurt, certainement) et joie, nous apercevons même des marmottes ! C’est toujours Tantinette qui les décèle, mais on arrive tout de même à en voir des bribes.

Pour les photos, ben ma foi, ça reste de la marmotte furtive. Nous voyons aussi des tas d’edelweiss, tout poilus du coeur, apparemment en pleine pollinisation. Ca monte bien dru au début, puis ça vallone gentiment, on monte un peu, on descend un peu, cette deuxième partie est bien plus aisée que la première. D’ailleurs, elle ne mérite même pas une pause grains-grains, c’est tout dire !!! Bien dommage d’ailleurs…;-) 

Nous arrivons finalement en surplomb du barrage, par l’autre côté, et nous redescendons en courant vers Chloro, en coupant comme des bœufs à travers une pente à marmottes, tout anarchiquement, plus question de rester dans les pas de qui que ce soit, Tantinette file tout droit, Wlado en colimaçon, et moi en biais. Chacun pour soi!! Et nous atteignons Chloro à 17h58, j’ai gagné mon pari j’avais dit 18h. Le bistrot du barrage est déjà clos, (pour la bière de Wlado, paraît-il que ça accélère la récup, mais oui mon Wlado^_^) alors on file chez Douchka, bien contents et bien fiers de nous et de ces 6h45 d’expédition.

En sortant de la voiture, ben… on a un peu mal aux pieds, et aux ptis côtés, mais une bonne douche et un bon repas ravigotant, peut-être aussi du magnésium et de l’arnica, certes, nous remettrons d’aplomb et le réveil du dimanche se fera dans la pleine forme et sans douleur.
Quelle belle journée!!!

Pas de quoi s’en faire toute une montagne:-)!

Désalpe St-Luc 2012

Vous attendez avec impatience la marchouille vue par Vaé ? Hé, hé ! Ca viendra, ça viendra…..

Nous nous réjouissions tellement d’aller à la désalpe….et au matin il bruine, il fait froid, un temps à retourner se coucher illico. Chanel réclame d’ailleurs son lit à grands miaulements.
Du coup on traîne….
Et tout soudain : une éclaircie ! On s’équipe et on fonce au village.
Les vaches ne nous ont pas attendues et sont déjà toutes sagement alignées sur le parking.

Il parait que la pluie les a énervées et que deux d’entre elles se sont battues.
Sont mignonnes avec leurs fleurs sur la tête.

L’achat d’une tomme est indispensable à nos futurs pique-niques.
Et comme il ne fait pas très chaud, nous nous dirigeons vers le café de la Poste où nos copains se réchauffent déjà devant un café. Nous faisons connaissance de leur adorable petite fille d’un mois et demi.
Il y a une bonne ambiance, chaleureuse.

Prenons une assiette valaisanne et salade, puis rentrons chez nous admirer nos magnifiques dahlias géants offerts par un patient.

Marchouille vue par moi

Haut lac de Moiry avec Vaé

Le Loup est déjà en haut avec Chanel. Ils nous attendent, Chanel en mâchouillant des herbes…. ;-P

….et ce sera long !
En effet nous avons choisi de partir en voiture et Valérie, ma nièce, vient me prendre à Carouge. Nous n’avons pas pris l’autoroute, mais opté pour Chamonix avec arrêt obligatoire à la Maison de la Presse, et arrêt encore plus obligatoire au Tea-room des « Petits Gourmands ».
Une tisane du Berger accompagnée d’une tartelette aux myrtilles pour elle et d’une patte d’ours à la framboise pour moi (Canada, Canada…) nous ravirons les papilles.
Reprise de la route tranquillou, on papote.
Il est tard, et un coup de fil du Loup qui s’inquiète nous tire de nos bavardages.
– « vous êtes où ? »
– « A Martigny ! » du tac au tac pour le faire marcher ! Et il court !
En réalité nous sommes juste à l’entrée de St-Luc et c’est deux gamines hilares qui sortent de la super jolie voiture de Vaé.
Installation rapide car nous avons réservé au Restaurant de la Poste. Laurent nous avait prévenus qu’il aurait des filets de perches. Nous nous précipitons affamés, pour nous le goûter est déjà loin.
Vaé n’est pas amatrice de filets de perches, mais elle nous fait confiance.
Une merveille !
Elle est aussi conquise ! Une adepte de plus ! Nous passons un excellent moment, avec passage rapide de Manon et Emma qui veulent voir « Jujunette et le Loup » ! Elles sont trop mignonnes et cela nous fait beaucoup rire. Une tarte aux mirabelles paraît-il exquise (Grrrr, je suis un peu au régime) clôturera ce délicieux repas.
Nous préparons les sacs et l’équipement le soir, nous avons hésité entre la cabane du Grand Mountet ou le Haut lac de Moiry. N’étant pas sûrs d’arriver à Mountet et voulant éviter la frustration d’une course non achevée, Moiry est donc choisi.
Tout est prêt, mais nous avons la rigolette Vaé et moi. La salle de bain est emplie de nos fou-rires, on va perdre un temps pompon à se raconter plein de bêtises en pouffant….. Le Loup et Chanel sont atterrés. Et cela nous fait rire davantage.
Finalement tout le monde est au lit et à 7h30 le lendemain, petit déjeuner pour eux et cappuccino pour moi. Là faut reconnaître : on rit moins…c’est tôt…
Et on rira encore moins quand Valérie enfilera la première chaussure et se sentira bizarre, ne les trouvera pas assez oranges. Ne parviendra plus les attacher. Enfilera l’autre et se plaindra que la languette la gêne. En y regardant de plus près je me rendrai compte alors qu’elle n’a pas les bonnes chaussures. Le Loup qui lui prête les siennes chaque fois qu’elle vient marchouiller n’a pas fait attention et lui a donné les miennes qui sont grises avec très peu de orange et surtout plus petites.
Le Loup fait l’aller-retour pendant que nous buvons un jus au restaurant du barrage.
Finalement nous partons vers 11h15. La Puce n’est pas au mieux de sa forme.

On ne peut pas la blâmer, la dernière fois qu’on lui a proposé une marchouille, ça a duré 10 heures !
Arpittetaz – col de Milon, vous vous souvenez ?? Depuis elle craint que l’effort soit trop soutenu et de ne pas y arriver. Je lui dis de mettre ses pas dans ceux du Loup, et la pauvre, dès qu’elle laisse trop de distance s’installer, elle me sent derrière elle qui la pousse…. L’adjudantinette….
Un petit passage de pierre prise dans la glace ne va pas la rassurer davantage, c’est sûr. Le Loup nous taille des marches.
Après deux pauses et discussions où nous faisons tout notre possible pour la rassurer :
– proposition de rentrer en car jusqu’au barrage,
– ou revenir par le bord du lac, tout au bord.
– de pique-niquer, cela ira mieux après.
Et en effet, elle va beaucoup mieux après. Et c’est moi qui me suis un peu ramollie et qui me réjouissais de finir tout tranquillement.
Ben non. Le Loup et Vaé mettent la gomme, et moi je peine.



Vous voyez la tête d’aigle ?


Et le retour va se faire magistralement, Vaé est fière d’elle d’avoir géré cette difficulté et nous, nous sommes très fiers d’elle aussi. Tout le monde est content, tout le monde s’embrasse, c’est la fête.
Retour au chalet où nous nous activons de concert pour le repas : salade de fenouil et pommes, polenta et champignons.
Puis dodo, vite fait. Nous sommes cuits. Avons marché 6 heures 45.
Nous profiterons du chalet dimanche, il fait tellement beau et chaud juste ce qu’il faut…..

Suite du pont du Jeûne Genevois… (9 et 10 septembre)

Après une journée de repos occupée à faire des courses, le ménage dans le chalet et le jardin, le Loup jamais à cours d’idées de balade, propose la cabane Chanrion, une cabane de notre section : la Genevoise.
Départ direction le barrage de Mauvoisin.

Il y a du monde, le dimanche les gens bougent.
Premier arrêt à l’hôtel de Mauvoisin qui a changé de propriétaire. Accueil agréable et dernier Rivella avant longtemps.
Montée vers le barrage, beaucoup de familles sur le sentier. Traversée du barrage, puis longeons le lac de Mauvoisin par les tunnels de la rive droite. De nombreuses cascades nous aspergent, comme nous sommes à l’ombre, nous sommes vite gelés et accélérons pour retrouver le soleil et …. Je fais une hypoglycémie : grains-grains obligatoires.
Ma forme est très moyenne. Jambes lourdes, Morton réveillé dans les deux pieds. Des points de côtés se font sentir, mais maintenant je sais comment les faire passer. J’ai plein de trucs :
         Inspirer à fond, planter la main sur le point douloureux, se pencher en avant et expirer.
         Prendre un caillou de taille moyenne et le serrer fort dans la main gauche ou droite selon le côté où se situe la douleur et ralentir. (On peut aussi le faire sans caillou, juste serrer le point).
         On peut également ramasser un petit caillou, le garder dans la bouche et le suçoter, le succès est paraît-il total ???
         Et le dernier truc de grand-mère : s’arrêter, ramasser un caillou, cracher dessus et le remettre à sa place ?????
Le  mieux étant encore de faire en sorte qu’ils n’apparaissent pas…
Malgré tout nous avons de l’entrain, et dès que la pente s’accentue, nous sommes débarrassés des hordes bruyantes de touristes et pouvons nous concentrer sur la nature qui nous entoure. Elle est de toute beauté. Le ciel est d’un bleu profond, comme souvent dans les journées d’automne. L’eau du lac est très limoneuse.
Le dénivelé pour atteindre la cabane n’est que de 500 mètres, mais je me demande bien combien nous avons fait de kilomètres…Heureusement le panorama nous enchante et nous aide à tenir le coup.
Il me faut une pause, le manque d’entraînement commence à se faire sentir. Une marmotte ! Je reprends du poil de la bête,  mais cela ne dure pas.
Tonnerre ! Il est où ce fichu col de Tsofeiret  (2643 mètres) ? J’ai mal partout et surtout j’en ai marre ! Parvenons à des lacs, je suis tellement crevée que je ne m’extasie plus.
Passage du col enfin ! L’autre côté : impressionnant. Ca me réveille. Je suis surprise et ai un peu peur de redescendre. Il fait frette, le vent souffle fort. J’y vais. Le Loup s’installe pour prendre des photos d’un Chaton trouillon. Mais tout va bien. Un fois dedans même pas peur !
C’est assez raide et très très sauvage donc très très beau. Nous avons la Pointe d’Otemma devant nous. Le Loup me signale qu’elle est facile. Tant mieux pour elle ! Et qu’il ira en repérage d’abord tout seul. J’ai peur pour lui !
Une autre marmotte ! Le drapeau de la cabane, enfin ! Nous y sommes (2462 mètres).

L’accueil du gardien est bourru, mais très sympa, celui de la gardienne : souriant, sympa aussi et celui de Parker, l’adorable chien que l’on voudrait emmener avec soi : hyper affectueux. Une bonne bière suisse, nous fera oublier nos peines.
Il y a déjà des gens qui sont attablés dehors, qui discutent de leurs prochaines étapes et ont fait leur lessive qui sèche au soleil. Ce sont ceux qui font le Tour des Combins. Ben moi, rien que de les écouter, je suis épuisée….Sont courageux. Le tour se fait en une semaine avec des dénivelés et des heures de marche que pour le moment je ne peux même pas entendre. Bravo à eux.
Nous nous installons dans notre dortoir. Chic des couettes ! Chic, on est peu nombreux !
Le Loup discute avec le gardien pour savoir si l’accès de la Ruinette est toujours faisable et dans quelles conditions. Identiques, lui répond-il. Et là je commence à avoir peur, je me dis que c’est pour une autre occasion ! Brr, après Otemma, la Ruinette…
Nous avons faim et attendons l’heure du souper avec impatience.
18h30. Chacun est à sa table. Nous mettons le couvert. Nous sommes avec deux Genevois qui font le Tour des Combins. Sont fort sympathiques et nous passons un excellent moment, vraiment. Le plus âgé est émerveillé devant le Loup qui a cette force tranquille des vieux montagnards.
Repas très bon. On se demande quand même toujours pourquoi les gardiens de toutes les cabanes s’évertuent à nous faire manger des trucs pétulants ? Moi je sais : c’est parce qu’ils ne dorment pas dans les dortoirs !
Toilette rapide, bonne surprise les toilettes et lavabos sont à l’intérieur. Super !
Dodo à 9h15. Je peine à m’endormir et pense à Papa qui avait tellement envie de passer une nuit dans un dortoir de montagne au Grand hôtel du Montenvers à Chamonix…
J’ai l’impression de ne pas dormir, mais le matin le Loup me dit que j’ai bien ronflé !?! Ah bon ?
Petit déjeuner, sac refait et nous partons pour la Fenêtre de Durand (2797 mètres), mais il faut d’abord redescendre d’environ 400 mètres, puis remonter.
Très petite forme. Mal partout. Envie d’y arriver : quasi nulle. En plus au préalable le Loup avait envisagé de faire le Mont Avril (3346 mètres). Option rapidement abandonnée au vu du moral des troupes ! Si nous arrivons à la Fenêtre on sera déjà bien contents.
Nous montons, sans regarder les autres du Tour qui grimpent vite. Décourageants ! Petits arrêts. On se dit qu’on verra quand on sera sur la crête, juste là…. Puis à ce rocher, juste là… Le Loup me demande fréquemment si je veux faire demi-tour. Et moi je ne veux pas être celle qui fait avorter le projet, alors je dis : non et j’attends que lui en prenne la décision, car je vois bien qu’il est aussi fatigué que moi et en plus il a mal à un poumon. Mais non, on n’abandonnera pas. L’idée que se soit l’autre qui doive dire d’arrêter nous sert d’émulation. Et bon an mal an, nous arrivons à cette Fenêtre.
Ce lieu est aussi appelé : le Sentier de l’Espoir. Durant la guerre entre 1942 et 1945, les guides firent passer d’Aoste en Suisse de nombreuses personnes. « Ciel étoilé » était le mot d’ordre convenu que les guides utilisaient pour rapporter un heureux passage. On raconte notamment le passage de Gianfranco Sarfatti qui échappa à la déportation en venant en Suisse. Puis retourna en Vallée d’Aoste avec le nom de bataille de « Gaddo » et participa à la lutte pour la libération.
Restons un moment en admiration devant tous les sommets qui nous entoure : le Mont Gelé, le Mont Avril, la Ruinette, la Pointe d’Otemma, le glacier du même nom.
Puis retour. Les jambes couinent. Le poumon du Loup lui fait mal. Nous ferons un pique-nique avec ce qui nous reste dans un cours d’eau. Nous sommes bien. Tellement bien.
Malheureusement il nous faut quitter cet endroit magique. Sommes en bas. Direction le Lac de Mauvoisin par le Pont de Lancet. Une marmotte ! Elle fait le guet sur un rocher, immobile.
Et là notre calvaire de montagnards pas entraînés commence…. C’est long, c’est monotone. En plus l’eau des torrents est noire. Il s’est passé quelque chose plus haut et les eaux limoneuses du lac deviennent à leur tour noires. Au bout d’un moment, franchement casse-pieds, au propre et au figuré. Puis lugubre. Passage de tunnels, avec des cascades d’eau. Fait froid, ça souffle…
Une grosse montée, puis on redescend pour prendre le dernier long tunnel. Sinistre.
Enfin nous arrivons vers Chloro. On se débarrasse vite fait de nos sacs et de nos chaussures et nous nous traînons jusqu’à l’hôtel de Mauvoisin pour deux cafés et une délicieuse tarte aux prunes. Et la chatte : Chaussette, se laissera caresser. Que du bonheur !
Retour chez Douchka où Chanel nous attend avec impatience. Nous ne pouvons jamais la laisser seule plus d’une nuit, car elle est bien malade et nous devons lui administrer tous les jours un traitement de gouttes contre l’urée. Ensuite repas rapide, douche, dodo, avec une chatoune ronronnante sur mes pieds.

Week-end du Jeûne Genevois

Ca y est, j’ai congé depuis mardi soir dernier, le 4,  jusqu’au 13 septembre : sacré pont ! Mes copines en sont vertes de jalousie…On a jamais vu de pont si long.
Pour me souhaiter la bienvenue et comme il était tard, mon Loup m’invite à manger une pizza au bord du lac de Géronde à l’Auberge des Collines. Toujours fameuses…
En remontant, à Vissoie, un renard est juste à côté de nous et attend au feu un moment avec nous, puis s’enfuit sous la cabane de chantier…
Première petite marche de mise en jambe. Direction Zinal, comme il n’y a qu’un téléphérique par heure, nous avons le temps de traîner un peu, enfin moi je vais donner le bonjour à tous les chats que je connais. Je tombe d’abord sur Flash, une grosse chatoune, mais ne pas s’y fier, elle est leste comme tout et les souris n’ont qu’à bien se tenir !
Ensuite c’est Perle qui vient à ma rencontre. Perle est une très belle chatte, elle le sait, qui ne fait que ce qu’elle veut (comme tous les chats !). Elle est allée se vautrer dans une flaque d’eau, alors comme je la prends dans mes bras, elle se tourne de manière à pouvoir se sécher complètement dans mon pull, toute ronronnante…
Montée à Sorebois en téléphérique. L’accueil par la préposée fut moyen-moyen L. Il fait un temps splendide. Le Loup a décidé que nous irions jusqu’à la cabane du Petit-Mountet. Le début est rapide, forcément ça descend. Un panneau nous indique que nous devrons prendre garde aux moutons :
Un premier arrêt pour que Jujunette puisse dire bonjour à ses cousines !
J’adore ces moutons à tête noire, ils ont de bonnes bouilles.
Nous poursuivons très tranquillement en faisant de petits arrêts grain-grains et thé. Le panorama est splendide : le Weisshorn, le Besso, l’Obergabelhorn.
Nos genoux se font sentir, ils ne raffolent pas de ces descentes. Nous voyons sur les hauteurs un troupeau de moutons qui batifolent partout. Le chien a bien de la misère à rassembler toutes ces bêtes qui n’en font qu’à leur tête. Nous n’avons vu aucun berger, alors je me suis posé la question : Comment se nourrit le chien ? De quoi ?? Ben il doit piocher dans les moutons ?? Il surveille le troupeau et son garde-manger ??? Je n’ai pas de réponse.
La cabane est en vue. Quelques personnes sont attablées.
Nous entrons et sommes agréablement surpris, elle est coquette et accueillante cette cabane. Nous nous laisserons tenter par une tarte aux abricots géniale, croustillante, goûteuse JJJ
Comme nous allons remercier le gardien pour ce délicieux goûter, il nous avoue être pâtissier. Elle vaut absolument un arrêt. D’autant qu’elle est bien modernisée, les toilettes sont à l’intérieur et il y a même des douches.
Des écriteaux pour la cabane du grand Mountet sont visibles, le gardien nous apprend qu’un nouvel itinéraire a été marqué, faisant passer par le glacier. Bon à savoir.
Retour à Zinal où Chloro nous attend. Les jambes nous rentrent dans le corps. Du magnésium et une bonne nuit là-dessus et demain…nous roulerons du lit.

La journée suivante nous l’avons passée à Megève. Nous retrouvions des amis de Rome qui nous avaient concocté un pique-nique. Toujours merveilleux les pique-niques de Jean !  A l’ancienne : avec panier en osier, nappe à carreaux dans les tons brun, serviettes assorties, vaisselle, couverts, tout on vous dit ! Et on n’y mange jamais de sandwichs, mais une potée savoyarde cette fois (la dernière fois, c’était des scaloppine al limone….) Un régal en très bonne compagnie. Monique et Jean sont adorables, pleins d’humour, intéressants. Ils sont accompagnés d’une belle petite crapule de cocker : Odessa ! Un amour ! Magnifique journée ! Merci encore.

Nous avons toujours les jambes lourdes, mais l’envie de marcher est la plus forte. Nous partons à Moiry. Nous croisons un écureuil très affairé. Laissons Chloro au barrage et débutons le tour du haut lac à 2500 mètres. Là c’est un gros crapaud qui trône au milieu du chemin.
Ca monte, ça descend, c’est magnifique, le lac est bleu turquoise. La traversée du barrage n’est jamais un moment affolant et la montée qui suit non plus. Mais nous avançons bien. La forme est là. Petite pause grain-grains.
Je n’ai pas pris de petit déjeuner et je me sens mieux, pas d’hypoglycémie. Un cairn, un joli petit passage dans des rochers, puis nous amorçons la descente.
Comme l’itinéraire n’est jamais bien indiqué, nous en choisissons un autre qui nous emmène vers la moraine du glacier. C’est cool, il n’y a plus personne. La vue est prenante. Le pigne de la Lé que le Loup veut absolument que nous refassions….
Pique-niquons les pieds dans l’eau, génial !
Nous poursuivons et remontons de l’autre côté du lac pour nous remettre à 2500 mètres. Il fait très beau, mais le vent souffle.
Des fleurs partout et tout d’un coup : des edelweiss, plein, partout. Que c’est beau. Je n’en avais encore jamais vu là. Des chardons aussi.
Le lac de nouveau, toujours aussi beau et plein de frémissements à sa surface. La fatigue se fait sentir et le temps paraît long…. Ca n’en finit pas, oui ! En plus j’ai un point de côté ! Comme je ne sais pas comment le faire passer, je m’allonge. Y fait froid et il est tard. On ne peut pas rester là.  Nous repartons. La fin du parcours se fera à travers le pâturage. Bien nous a pris : une marmotte s’amuse, elle nous voit et se met à courir, mais n’a pas l’air franchement affolée. Retour voiture.
Douche, repas et je m’endors devant le film….

Chanel contre Chatouille

Chatouille, la jolie chatte de nos voisins, vient souvent quémander de l’attention. Moi j’en suis folle, elle est belle comme tout Chatouille.
Elle le sait la coquine et elle m’attend soit devant la porte-fenêtre, soit sur la terrasse pour sa séance de gratouillages et de câlins.
Ca n’a pas raté. Hier ravie de la revoir, je me précipite, d’autant que Chanel est dans notre lit, sous la couette : ce qui ne se sait pas, ne fait pas mal. Ben non, je n’ai pas pu le faire en douce. Le téléphone a sonné, je rentre et découvre Chanel, royale, dans son fauteuil, le regard lourd de reproches….
Et Chatouille, naïve comme tout, qui m’attend à la porte.

Foi de Chanelou, à plus de 17 ans, je l’ai vue bondir en hurlant des horreurs ! Dressée sur ses pattes arrières ! Une vraie poissonnière !
Chatouille a décampé..Depuis je ne la vois plus.

St-Luc

Après les températures caniculaires de Genève, qu’il est bon de remonter dans mes montagnes. Je prends mon train sous un ciel gris. Ne fait pas meilleur à Sierre.
Pour fêter nos retrouvailles, mon Loup m’invite à déguster des petits filets de perches divins au Café de la Poste, chez Gladys et Laurent puis dodo.
Il fait froid ! Il a neigé à 2000 mètres. Le matin le thermomètre affiche glorieusement 6°…. Le brouillard nous entoure, il pleut, donc pas question d’aller marcher.
Plus prosaïquement nous irons faire des courses dans la vallée. Un saut chez  « Yipieaieaieyipieyipieyéée » !Vous aurez reconnu la super pub de Hornbach ;-/ . Chaque fois que j’en parle à mes copines elles croient que j’ai pété un plomb…Heureusement la pub est inversement proportionnelle aux articles vendus, qui eux sont très bien.

Chanel se requinque, elle adore être à St-Luc, monter et descendre les escaliers, sortir choisir son herbe à chat de prédilection, elle reprend du poil de la bête et nous en sommes heureux.

La saison a tourné, on voit venir l’automne, l’air a changé et on se réjouit de nos futures marches dans cet environnement tellement somptueux.