Watson Lake – dimanche 22 juillet 2012

Ce matin nous sommes partis tout guilleret.
En route pour le Yukon !
Passons un pont en caillebottis comme les Canadiens en ont le secret (je déteste passer dessus, j’ai toujours l’impression de déraper).

Le Loup conduit et je me mets à chanter : « Où sont les ourses,  avec leur geste plein etc… » sur  la fameuse chanson de Patrick Juvet.  Le Loup se marre….
Summit Lake, 1300 m. quel bel endroit, que c’est beau quand le soleil brille. Nous nous y étions arrêtés pour dormir il y a six ans et ça m’avait paru sinistre.

Une belle montagne surplombe le lac, nous l’aurions bien gravie, mais le lieu est, paraît-il, infesté d’ours.
On voit que l’on se rapproche du pôle, le soleil nous éclaire de plus en plus longtemps.
En longeant un lac nous effrayons un petit moose. Il court un moment à nos côtés, puis traverse la route devant nous en faisant : clop, clop, clop avec ses sabots.
Les Northern Rockies ont très peu de végétation, du beau rocher, sont magnifiques, frôlent les 3000 mètres. Muncho Lake provincial park, fabuleux….Lac avec quelques bateaux, mais sinon très sauvage. Y pick-nickons avec un immense plaisir, un écureuil nous donne le bonjour.
Sommes ravis de notre halte, d’autant que l’arrêt précédent au Northern Rockies Lodge n’a pas été agréable. C’est un hôtel avec lodge, très beau, vraiment une image d’Epinal, mais l’accueil n’est pas à la hauteur. Si en Suisse il ne choquerai pas, ici au Canada ça nous choque et ne nous plaît pas. C’était déjà le cas en 2006.
Après les Rockies la route devient plus riante.
Une chèvre toute seule est aperçue. Puis des bisons. Un premier, puis un petit troupeau de cinq avec un bébé.
Il fait une chaleur épouvantable, 31°. Une forêt d’épinettes et de bouleaux a brûlé sur des kilomètres.

Muncho Lake ! Un arrêt pique-nique. Endroit magnifique, avec au loin une montagne en tête d’indien. Malheureusement trop loin pour être photographiée.
Nous sortons tout sous les yeux d’un écureuil très curieux. Sommes attaqués gravement par les moustiques nous remportons tout dans le RV
 
Prenons de l’essence dans le premier bastion du Yukon, elle est nettement moins chère qu’en B.C. jusqu’à 0.70 centimes/litre de moins. La dame qui nous la vend doit s’ennuyer mortellement, alors le Loup lui raconte plein  de trucs qui la font rire : qu’en Suisse ce sont les femmes qui lavent les pare-brise, sauf s’il y a un gifts shop… Et elle a l’audace de rire…
A partir de là nous verrons trois ours noirs à trois cent mètres d’intervalles en bordure de route, puis des chevaux sauvages, re-bisons. Décidément s’il y a des années à fruits, 2012 est une année à voir des bêtes sauvages !
Watson Lake ! Nous sommes tellement heureux d’être au Yukon ! Ma province préférée, tout de suite suivie par le Québec.
Il est plus facile de faire un voyage au Québec, que B.C. et Yukon.
Trouvons un camping avec tous les services, en même temps, pour tous, ce qui est royal !

Un fish&chips dans le resto chic du coin, Andrea’s hôtel, qui correspond à une cantine d’ouvriers…

Vive le Yukon !
Une balade digestive sera effectuée pour digérer au bord du First Wye Lake. Superbe, envahi de moustiques, je me demande encore comment font les gens pour pique-niquer ici. En plus on peut s’y baigner !?!

Le lendemain matin après une bonne nuit de sommeil, les signs post (avec quelques vieilles machines) et les gifts shop sont visités, dans les règles !

Tetsa River lodge – 22 juillet

J’ai oublié de vous dire, j’ai de nouveau l’homme des bois, sommes-nous de nouveau au Népal ?
Avons donc évité soigneusement la route menant à Fort Liard  (NWT)et sous un soleil de plomb 33°, avons courageusement poursuivi notre périple. La montée d’un col s’est effectuée sur une route en réfection avec des gravillons libres partout, on ne voit que l’immense nuage de poussière du gros camion qui nous précède et cela pendant une dizaine de kilomètres. Nous avons dû fermer les fenêtres, nous sommes en nage, l’air est irrespirable et nous n’avons pas d’eau.
On y voit de nouveau, il n’y a pas un ours dans ce coin-là, ils ont dû se prendre un gravillon dans l’œil, se dire : « tant pis pour les touristes », et préférer aller se réfugier tranquillou à l’ombre des épinettes !
Peu avant le sommet du col les camions ont dû s’arrêter pour contrôler leur frein et le Loup les dépasse tous. Il tombe 3 gouttes, le ciel est  noir. Ca sent bon. Mais le soleil réapparaît encore plus vigouste.
La vue est impressionnante et belle, que des montagnes, petits canyons.

Un truc étonnant que cette vérification de freins. Les routiers s’arrêtent, descendent de leur camion, en font le tour, les flattent de la main et remontent. On a pas bien compris à quoi cela rimait. Il n’y a aucune machine, personne qui leur demande quelque chose. Ils s’arrêtent, voilà, et se dégourdissent les jambes.

Et enfin le camping : Tetsa River Lodge et ses buns à la cannelle.
L’accueil est sympa, ce n’est pas cher et le type nous apporte des buns énooormes avec un café. On est bien lestés !
C’est très bonne franquette, propre et vraiment sympa et rigolo. Vaut le détour.
Ce qui vaut aussi des ronds, c’est que le patron nous dit que pour l’électricité on ne peut brancher qu’un appareil à la fois. Ce qu’il omet de dire c’est que c’est un appareil pour tout le camping ! Ca met une bonne ambiance…
Ici tous les services sont comme le courant alternatif, ça va , ça vient….Hier plus d’eau…ce matin de nouveau…
Petite marche digestive pour nous et apéritive pour les moustiques. Nous cherchons la Tetsa River. Le chien du camping nous guide, enfin nous le  pensions, on s’est retrouvé dans  un drôle de truc au milieu de nulle part où il n’y avait pas du tout de rivière. Et là il nous regardait en rigolant, si, si j’vous jure, même qu’il doit mettre des encoches dans sa niche pour dire : Hé, hé, j’ai encore eu deux couillons de touristes…
Avons rencontré un couple de Zurichois charmants, nos voisins de camping, Ils viennent de prendre leur retraite et sont partis de Calgary, remontent sur Dawson City, Fairbanks, Anchorage, Whitehorse et retour, tout cela en 2 mois. J’en bave d’envie…

Fort Nelson – 21 juillet 2012

 Nous avions hier une température de 27° et un orage était annoncé, il est venu ce matin, il ne fait plus que 15°.
Nous avons de bonnes bouilles, l’air reposé, enfin surtout moi, les rides ont déserté nos visages. Trop cool !
Le type du parc nous a déposé nos 2 vignettes sous l’essuie-glace, on a rien entendu, on devait dormir comme des loirs.
Il ne doit pas y avoir beaucoup d’ours dans le coin, car tout le monde laisse ses bouteilles sur les tables. On est pas habitués.
J’ai essayé de téléphoner à Maman avant de quitter le camp à 8h00, soit 16h chez vous, mais elle devait être en balade avec mon frère, et quand j’ai réessayé plus tard… je n’avais plus du tout de réseau. Dommage. Enfin c’était juste pour lui faire un bisou.
Le long de l’Alaska HWY deux cerfs courent à côté de nous, plus loin un autre a été fauché…
Toujours des ranchs et des champs à perte de vue. Croisons deux wagons-citernes en convoi exceptionnel.
Le paysage change complètement, les épinettes nous entourent de partout. Il y a juste les dix mètres de chaque côté qui donnent un peu d’espace. Je pensais que ces vingt mètres étaient là pour faire ceinture coupe-feu, je ne suis pas sûre que ça soit leur seule utilité, cette largeur permet également de voir les bêtes qui sortent des forêts.
Un camion n’a pas eu cette chance, un moose a été touché et est mort. Le camion était complètement amoché… Donc prudence, je lève le pied, j’avais tendance à rouler vite et dépasser tout le monde, (non je vous dirais pas à combien je roulais), ça m’a bien calmée (n’insistez pas, je ne vous dirai PAS !).
Parvenus à  Fort Nelson (nous faisons là la jointure avec notre voyage de 2006 où nous nous étions arrêtés là) assez tôt nous avons l’option de rester sur place et faire notre ménage, ou continuer encore… J’avais même envie de pousser jusqu’à Fort Liard en Territoires du Nord-Ouest, partir vers la Nahanni,  mais c’est 4 heures de piste. Trop long. Vraiment dommage…

Nous poursuivons notre périple vers le nord :

Vers Dawson Creek – 20 juillet 2012

Revenons sur nos pas, avions quittés la 97 North et départ pour Dawson Creek. Nous avions été en 2006 à Dawson City, marrants tous ces Dawson…Retrouvons de vieux copains les magasins IGA, comme au Québec.

Au Visitor Centre de Chetwynd nous sommes chaleureusement accueillis, l’ordinateur nous est prêté (c’est pour cela que les accents ont disparus dans mes mails : clavier américain). J’ai réussi à m’enfermer dans les toilettes.  Ah la la… Quelle aventure ! Le Loup se voyait déjà expliquer à Jeanne-Mo que je ne pouvais plus sortir, que j’étais coincée à Chetwynd, etc…d’où notre retard, etc…ça s’invente pas…
Un petit repas de midi dans notre camion en raison des moustiques.

Dans le grand nord, les gens sont extrêmement gentils, on peut tous avoir besoin les uns des autres, alors…
Nous sommes très fiers, nous avons reçu des passeports touristiques, on nous colle des petites vignettes à chaque passage dans les Visitor Centre ou campground dans les parcs (c’est dommage qu’on ne l’ait pas su plus tôt).
Depuis Dawson Creek nous sommes sur l’Alaska Hwy. Le mile « 0 » démarre de là.

C’est très étonnant j’ai toujours imaginé le nord avec des grandes forêts boréales, mais là nous sommes dans  une immense zone agricole. Des ranchs de temps en temps, des champs de foin ou de colza à perte de vue……
Nous avons d’ailleurs croisés 4 vaches qui longeaient la route et se grouillaient de rentrer, elles ont fait la fête trop tard et n’ont pas vu l’heure ! Vont se faire engueuler !
Sur une crête 23 éoliennes. La ville est également entourée d’une ceinture coupe-feu.
Sur la route les Canadiens ne sont pas respectueux des lignes continues, en revanche ils sont extrêmement vigilants sur la vitesse. Jamais d’excès.
Nous avons croisé un gros silo à céréales en convoi exceptionnel !

Plus tard ce fut le tour d’une maison !

A Taylor, nous sommes allés chercher notre vignette au V.C. et Rita nous a reçu et gardé, à tel point qu’on se demandait si on aurait encore le temps de visiter tout ce qu’elle nous avait conseillé. Elle était ravie de parler français avec des Suisses, son mari est de Winterthour ! Comme il y a à côté de Taylor une immense usine à gaz, dont les vapeurs arrosent la ville, nous avons supposé que ces vapeurs donnaient aussi la tchache…
Sommes maintenant à Fort St-John dans un provincial park (avons oublié de demander la vignette, on devient déjà étourdis). Comme nous attendons le type qui doit nous inscrire et nous vendre du bois, notre voisin voyant cela, arrive avec son bois pour qu’on puisse commencer à faire nos braises. La gentillesse désintéressée des Canadiens n’est pas un mythe. Ils sont tout simplement adorables. Nous avons piqué une petite jasette avec lui. Il est de Fort St-John et est passé à Lausanne lors de ses vacances en Europe. L’était très mignon avec de beaux yeux bleux, devait être menuisier à voir comme il avait préparé son feu.
Ce soir ptit saumon au feu  de bois, maïs, salade, café. Dodo, nous avons de la route à faire pour aller jusqu’au Yukon…

 

Prince Georges – Mackenzie 19 juillet 2012

De tous les services (eau courante, électricité et tout à l’égout), c’est l’électricité que nous retrouvons avec le plus de plaisir.
Hier nous avons pu allumer partout, en chargeant les portables, le notebook, les appareils photos et la caméra, se refaire des rôties. Que c’était simple, nous les apprécions d’autant plus.
Bon, on peut pas dire que l’eau courante soit banale non plus. Une vraie  douche dans un grand aménagement de douche (et non pas en petit dans le RV) c’est juste divin.
Une des choses que j’ai de nouveau le loisir de faire, c’est lire (j’abandonne mes bouquins terminés dans les campings ou les Visitor centre. Des livres en français sont rares). Quel bonheur ! A Genève ou St-Luc, je suis toujours pressée, mille choses m’occupent.
         Interruption pour cause de chasse aux moustiques. Touchés, coulés !
La possibilité aussi de ne rien faire, de contempler, de parler tranquillement avec mon Loup sans stress (et lui de m’écouter tout aussi tranquillement, sans stress !), des moments rares que même nous, montagnards, n’arrivons pas souvent à nous octroyer sauf en refuge.
Je vous laissais sur une grande question, où allions-nous nous diriger ?
Vers le nord ! Nous montons en direction de Mackenzie sur la 97 Hwy.
Une ferme de pionnier (The Huble Homestead) construite en 1909 dans un coin complètement isolé, avec des ours mentionnés (il faut  descendre 400 mètres à pied, je suis pas tranquille du tout, je regarde partout), retiendra un long moment notre attention.

La façon de vivre à l’époque est très bien décrite, le grenier (genre raccard valaisan en plus petit, et c’est pour éviter que les ours viennent se servir, pas les souris, bien sûr)

est perché sur 4 piliers recouverts en aluminium. Plus loin une délicieuse glace vanille + des fraises nous sera servie par une délicieuse jeune fille rougissante dans le magasin général. On y entend un gazouilli, des oiseaux ont fait leur nid.

Ils organisent pour les enfants de 7 à 10 ans des camps de pionniers d’un jour. Ils devront se débrouiller en costume d’époque et faire tout ce que faisaient les gens de l’époque.
Le paysage change, la forêt boréale nous entoure à perte de vue. Nous adorons ça. Un arrêt au Bear Lake pour une trempette de pieds nous ravira jusqu’à ce qu’on lise qu’il faut absolument bien se doucher ensuite pour éliminer les puces urticantes….Mais ça sent bon le pin.

Les femmes sont toujours aussi inconscientes, elles se vaporisent à l’huile solaire sans protection…
Un autre arrêt au bord d’un lac pour un grignotage. Nous croisons énormément de camions chargés de grands troncs d’arbres
Et Mackenzie…Petite ville…avec un quartier résidentiel assez mignon. Petites maisons pimpantes avec de gros RV, grosses voitures et gros bateaux et évidemment pelouses à l’anglaise ! Ils doivent se tailler dès qu’ils ont congé.
Les Canadiens adorent avoir des trucs qui soient le + du monde ! Et ils ont leur Tourneau : 2 énormes rouleaux compresseurs crantés reliés par une structure en acier et activés par deux moteurs diesel de 700 chevaux (ça vous intéresse, hein les Filles !).

Le Mackenzie Municipal Campground nous accueille gracieusement. Comprenez : gratuitement. Pour les touristes qui ne restent que 2 nuits et sans les services, c’est gratuit, et en plus il y a des douches spacieuses. C’est plutôt le wifi qui me donne du fil à retordre….
Mais en plus de tout l’endroit est joli et bien conçu. C’est top !
Le Loup est déjà affairé à son feu, ce soir sirloin – patates – crème aigre. Jujunette est ravie car quand il y a de la viande, on boit du vin et non de la bière, ça l’arrange car elle a grossi.
Une grande décision a été prise. Nous n’irons pas sur l’île de Vancouver, trop de monde, trop compliqué en RV, pas envie de perdre du temps avec les ferries. Nous avons entendu l’appel du Grand Nord.
Il est étonnant de voir l’impact qu’a sur nous cette partie du Canada. Nous nous sentons complètement à l’aise et agréablement solitaires.
(Faut que quelqu’un m’enlève ces chips au sel et vinaigre ! Ce truc-là c’est comme les cacahuètes salées…)
Aucune envie de repartir vers la foule, plutôt l’envie d’atteindre le Yukon qui nous manque.

Prince Georges – mercredi 18 juillet 2012

Dans pas mal de villes du Canada on a pu constater qu’il y a un beau côté qui doit être vu, et un moche qu’il faut ignorer. Le beau côté : gazon bien coupé, petits meubles de jardin mignons, entrée accueillante. Et derrière les poubelles, les fils électriques, le gaz, le rebus de vieux meubles, etc.. c’est un peu dommage.
Nous quittons les Rocheuses et l’Alberta. Nous quittons aussi l’essence bon marché, pour celle de B.C. où il faut la payer d’avance. Qu’est-ce qu’ils ont dû se faire arnaquer pour en arriver là ! Les gens devaient faire le plein ….et partir….
Il fait un temps magnifique, nous l’amenons avec nous et  le Mont Robson nous apparaît dans toute sa splendeur, presque 4000 m. le plus haut de B.C.

Petit casse-croûte au départ d’un trail Berg. Un grand panneau indique la marche à suivre aux alpinistes qui partent faire le Mont Robson. Ils doivent remplir un formulaire en double exemplaire indiquant leur projet. Ils laissent le feuillet blanc dans la boîte ad hoc et au retour doivent y déposer le feuillet jaune. Si pas de feuillet jaune les secours se mettent en branle.

Le Loup me laissera le volant durant 2 heures et il s’endormira, malgré la country music.
Je deviens pro, une future Fangio grâce aux bons conseils du Loup. Je passe avec aisance de l’automatique au manuel tow/haul. Je dépasse d’autres RV conduits par des hommes, hi hi, et même des gros camions !!!
La Yellowhead Hwy, route n°16 vers ouest qui développe ses épinettes et ses usines à moustiques à l’infini comme au Yukon.
Parvenus à Prince Georges, ville de premier abord extrêmement moche, un monsieur du Visitor center nous aiguillera sur le RV park situé sur les hauteurs de la ville. L’accueil est très chaleureux, mais la propreté laisse un peu à désirer.  En revanche, fait exceptionnel : il n’y a pas de moustiques.
Voilà, nous avons bien reçu vos messages qui nous font toujours très plaisir et nous sommes également ravis de vous annoncer que Chanel va fort bien, que Sandra la soupçonne de nous avoir joué la comédie (comédie qui nous a amenés plusieurs fois chez le véto !) afin de bien nous culpabiliser avant de partir.
Ce soir nous sommes connectés à tous les services sauf le feu, donc spaghetti en lieu et place du sirloin, pommes de terre – crème aigre.
Demain route vers l’ouest ou le nord, la question reste ouverte !
A bientôt et gros bisous du Chaton et du Loup canadiens.

Jasper – 17 juillet 2012

Bien dormis, pas vu un seul ours de la nuit. Tu parles d’un lot of …. Publicité mensongère. Enfin je dis ça, mais hier j’avais la trouille….
En revanche, en quittant le camp, nous voyons un ours noir qui traverse la route et file dans la forêt.
C’est drôle dès qu’il y a des voitures arrêtées, on dit : Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’ils ont vu ? Où ça ??? 
Arrivés à Jasper.

Cherchons d’abord un camp et le Wapiti fera l’affaire, sans service, mais il y a un truc épatant maintenant dans les parcs, tu mets ton chargeur d’appareil dans un casier, tu mets un dollar, tu refermes et gardes la clé. Quand tu reviens ton matos est chargé. Très cool.

Puis la laverie. Super elle est toujours au même endroit, le wifi en plus.
La dent creuse nous oblige à manger un sandwich. Très gros moment d’émotion pour moi, je vois un monsieur âgé avec un chapeau sur la tête penché sur son déambulateur. Il ressemble tellement à papa que je fonds en larmes au restaurant, sans pouvoir m’arrêter. Ca m’a fait beaucoup de bien.
La route de Maligne Lake débute sous les meilleurs auspices. Un ours noir traverse la route devant nous.

 Plus loin ce sont deux gros caribous qui nous émerveillent d’autant que ce sont nos premiers, nous n’en avons encore jamais vu de visu. Ils ont été réhabilités dans le parc de Maligne et il n’y en a que cent cinquante. Nous sommes vraiment chanceux.

Encore plus loin, une voiture au milieu de la route, + ou – garée…Il y a un petit caribou qui broute.

Maligne lake et son île mythique :

Au retour se sont des mouflons peu farouches qui s’entichent de nous et dont un qui nous lèche les mains.

La chaîne de montagne Colin qui plonge dans Medicine lake est imposante et époustoufflante.
Le lac est très haut, vraiment, les marches qui mènent jusqu’à lui sont sous l’eau. Il tient son nom du fait qu’en octobre il disparaissait complètement , ce n’est qu’au printemps qu’un tout petit ruisseau apparaissait.  L’été avec la fonte des neiges et la pluie, la profondeur pouvait varier de vingt mètres. Les Indiens attribuaient la disparition du lac à un tour de « sorcier-médicin » ou à la magie et ils craignaient le phénomène.

Encore un attroupement et un ours noir qui boullotte en contrebas.

Un petit détour par le lac Annette qui sent l’aneth, si, si, je  vous jure et par le lac Edith. Mais l’orage éclate et nous regagnons Jasper pour un apéro au lounge de l’Hôtel Athabasca : vin blanc, vin rouge + des potatoes skins absolument délicieuses et caloriques +++, tout cela devant quatre TV qui fonctionnent en même temps, sur quatre programmes différents.

Potatoes skin
Ce soir fish & chips au Restaurant Papa George’s. Absolument délicieux.

Et en arrivant au camp des wapitis partout. Au moins une trentaine avec des mamans et des bébés. Ca fait un drôle de bruit le wapiti…Kiki en rapport à la taille.

Cette nuit orage et pluie bienfaisants. Nous dormons encore évidemment bien.

La promenade des glaciers – 15 juillet 2012

La madame de chez Park Canada nous signale la présence d’un ours noir. Il a été vu à 3 m. d’un van. Nous ne devons pas nous éloigner de notre véhicule et certains accès du camping sont fermés.

Voilà comment se présente la « chambre à coucher ». Grand lit, excellent matelas, hyper bien aménagée, nous y dormirons très confortablement. Durant un mois c’est vraiment important.

On a laissé les stores ouverts, mais c’est idiot, il n’y a aucune lumière dehors, alors à moins qu’il se trimbale avec une lampe de poche, on ne le verra pas.

Tous les matins maintenant nous pratiquons le test du beurre. Si on n’arrive pas à le tartiner, c’est que le frigo fonctionne. CQFD.
Je me demande si on ne nous a pas transporté au Népal. Le Loup est devenu un homme des bois avec une barbe de 3 jours, bien piquante. Or du temps où nous étions jeunes fiancés il me disait. «  Mon Chaton, je me raserai tous les jours pour toi, sauf au Népal ». Alors comme nous ne sommes plus des jeunes fiancés, nous devons être au Népal.
Avons vu les glaciers Bow, Athabasca, Columbia. Le temps incertain est devenu meilleur.

Le glacier Athabasca a encore reculé par rapport à notre dernière visite d’il y a 4 ans. Depuis 1885 il a perdu les 60% de son volume et d’ici 100 ans il n’en restera plus. Depuis la marque de 1908, le front du glacier a reculé d’environ 350 m. Je vous laisse « googeliser » 😉
Les épinettes d’Engelmann et les saules gagnent d’ailleurs du terrain avec le réchauffement.
Nous avons chacun notre fleur préférée, celle de Loup c’est la castiliéja

 et la mienne la vesce pourpre. A vos dictionnaires pour la mienne !

Les chutes Sunwapta et Athabasca ont un débit énorme et assourdissant faisant vibrer le sol sous nous. Il a tellement plu que par endroit l’eau envahit les infrastructures touristiques.
Le camping Wabasso nous accueille pour une nuit sans service, mais en revanche pour une nuit with a lot of black bears. J’ai demandé vraiment, vraiment a lot of ? Le monsieur de Park Canada m’a répondu : oui, beaucoup, beaucoup de ours….Voilà….A part cela c’est un très bel endroit, sauvage à souhait, mais connu des moustiques.

Bow Vallee – 15.7.12

 Dimanche 15 juillet 2012
J’ai encore envie de voir le Mont Rundle, belle montagne de 2937 m. qui surplombe Banff.
Sommes étonnés de voir que la ville est à 1407 mètres d’altitude. Il fait pas chaud, 15°.
La route se poursuit par la promenade de la Bow Vallee. Un premier caribou nous arrête au bord de la route, créant un bel embouteillage.

Nouvel arrêt plus loin pour un ours noir. Ne le verrons que de très loin.
Les haltes avec lodges qui ponctuent la route sont extrêmement bien faites en bois rond avec toit rouge.

Re-embouteillage. 2 gros caribous en bord de route. J’ai filmé, puis photographié. Me suis pas rendue compte que tout le monde s’éloignait. J’ai bien failli avoir les trous de nez dans mon viseur !!!! Quelle trouille…

A Lake Louise pas de place de camping. Un monde de cinglés. Nous montons au lac et pour faire plaisir au Loup, on louera un canoë durant une heure. Génial ! J’ai adoré ! Non, on a pas tourné en rond pour avancer. Mauvaises langues ! Nous avons très vite trouvé notre rythme et parcouru tout le lac, surtout les coins inaccessibles à pied.  Trop bien, je recommence n’importe quand.

Fairmont de Lake Louise

Nous débutons maintenant la Promenade des glaciers. Nos permis d’accès au parc nous ont été réclamés, mais nous sommes en règle.

Cherchons de suite un camping, vu la difficulté à trouver de la place et aboutissons au Mosquito Creek. Un truc simple au bord de l’eau.
Je veux pas cafter, mais les Indiens d’Inde qui squattent le plus bel emplacement et font du feu sans payer pour partir ensuite, c’est moche ! D’autant plus que c’est l’emplacement que je convoitais.
Le Loup s’affaire au feu, le ptit saumon va être grillé pour la plus grande joie de tous nos voisins….

Mon Loup-bûcheron adoré !

Vendredi 13 : Banff

Dormis comme des marmottes, levés vers 8h00. Petit-déj. et préparatifs pour lever le  camp. La biche vient encore brouter vers nous une dernière fois. Trop joli.

Le loup veut absolument que l’on aille dans un General Store (nous n’avons plus grand chose à manger et à boire). C’est drôle, j’ai toujours pensé que le problème avec moi c’était de les éviter !!!!  Quelle aubaine ! je m‘en réjouis d’avance. Et en plus je trouve très vite !
Un truc étonnant : l’heure c’est l’heure dans les campings. Du bruit jusqu’à 22h00 et là tout s’arrête, les mômes, les génératrices (il n’y a plus que nous qui parlons encore fort 😉 et cela jusqu’à 8h00. A 8h01 : tout redémarre : les gosses, les génératrices, les cris des mamans, etc…
Je conduis jusqu’à Cranbrook et nous dégotte un supermarché de derrière les fagots : Zeller’s.
Le bureau de poste à côté nous fournira les timbres nécessaires pour vos cartes. Ne courrez pas à vos boîtes aux lettres on a pas encore commencé !
Nous prenons la route qui mène vers les parcs nationaux. A Invermere je souhaite trouver la délicieuse pâtisserie dont parlait Doreus en Alberta dans son blog. Suis pas sûre qu’on soit tombés dessus….Faut dire que je me souvenais pas du nom, c’est pas malin, hein ? Mais c’était un bon en-cas, un café ultra amer complétant ce frugal repas.

La viande est découverte ainsi que du saumon. Nous futurs feux de camp s’annoncent délicieux.

Je me rappelle très bien de la route, de tout. Radium Hot Springs, sans son mouflon cette fois.
Grande émotion à l’entrée du parc de Kootenay.
Je m’en souviens comme si c’était hier, mais c’est encore plus beau. Ces gorges et ces falaises rouges qui bordent la route. Nous verrons 5 cerfs de Virginie et le Mont Assiboine imposant 2900 mètres et des brouettes…Avec des névés dessus.
Une glace est vite engloutie pour cause de chaleur et les explications données sur un immense incendie ayant eu lieu en 2001 sont lues. Incendie dû à la foudre, ensuite le vent s’est levé, le feu était inarrêtable par les pompiers et s’approchait de plus en plus d’un lodge. L’hôtel a été évacué et par souci d’écologie, le feu a été copieusement accentué, puis maîtrisé. La nature pourra ainsi se régénérer.

Pour permettre aux animaux de traverser la Transcanadienne tout en restant en vie, des passages pour animaux ont été aménagés au-dessus de l’autoroute.

Banff commence à être annoncé, nous quittons le parc de Kootenay, la Colombie Britanique et passons en Alberta avec une heure d’avance, changement de fuseau horaire. Nous arrange pas ça, surtout que l’on ne s’en rendra compte que très tard.

Comme nous sommes en vacances, nous ne savons plus quel jour nous vivons.
Mal nous en a pris ! Vouloir trouver un camping avec les services un vendredi soir à 18h30 à Banff, cela frise l’inconscience….
En plus nous nous sommes mal embarqués dans la ville et avons snobé la station Shell. Risque de panne sèche imminent. Bonne ambiance dans le RV,  le Loup n’en menait pas large. En plus quand c’est comme ça, vous avez remarqué comme tous les indécis et mauvais conducteurs se trouvent sur votre passage ?
Sommes refoulés du premier camping, le second nous accueillera pour deux soirs, sans services après une heure d’attente (sommes pas les seuls à s’être faits avoir !). Par chance les parcs se sont bien modernisés, il y a maintenant des coins WC et douches, cela n’existait pas auparavant.

Nous boxons les moustiques. Il y en a plein, le temps est devenu orageux. C’est hyper étonnant, on voit tous les autres gens se promener dehors en chemisette et short et ils ne se font jamais bouffer. Nous devons être du premier choix, je suis constellée de piqûres urticantes au possible. Sommes maintenant enduits d’un truc odorant pour les éloigner, et puissant aussi, il faut s’en mettre dehors sinon on déclenche l’alarme incendie du RV !

Le Loup prépare le feu, un super sirloin de l’Alberta nous régalera et demain à nous Banff !

Samedi 14 juillet

Il a fait tellement chaud, 27°, que le ciel s’est obscurci et le tonnerre a grondé une bonne partie de la nuit (nous n’aurons pas de pluie).

Le Loup a beaucoup rêvé cette nuit. Il s’est pris la tête avec un problème de calcul de Xena, notre petite-fille : une équation à plusieurs inconnues dont une en pourcentage. C’est fou ce qu’on leur demande de résoudre à 5ans et demi !!!

Ensuite c’est avec la panne de frigo qu’il s’est pris la tête. A sorti tous les modes d’emploi, tournevis et trousse à outils et a bricolé un moment sous le regard goguenard des autres mecs qui passaient. Mais il est trop fort mon Loup, il a tout réparé.

Mon étonnement va grandissant quand je vois ce que nos voisins parviennent à caser dans leur voiture, je parle de voiture normale, pas de gros 4×4. Généralement 4 personnes (dont les gabarits varient) + des tas de  trucs qui sortent, comme du sac de Mary Poppins : genre tente de camping, bâches, batteries de cuisine, etc…! Incroyable..

Le temps est très nuageux, il fait 17°.



Le Loup a sa rue !



Evidemment à Banff je me suis laissé aller à une séance de shopping dans les règles. Le Loup a été très courageux et complaisant. Ne s’est pas plaint une seule fois. Enfin mon dernier passage à la Baie (Compagnie de la Baie d’Hudson = Bon Génie) lui a paru nettement de trop, il est resté assis dehors sur Banff avenue.

Evidemment aussi après c’était au Loup de devenir le  chef de l’emploi du temps et il propose que nous montions au Mont Sulphur (2427 m.) par le télécabine. Nous ne le ferons pas à pied, d’abord c’était par crainte des ours, puis on a vu que c’était un large chemin, et çà ça nous cassait les pieds.

Banff depuis le Mont Sulphur

Il y a un monde de fou là-haut en plus des moustiques ! Irons à pied jusqu’au pic Sanson voir l’observatoire. Sanson est le type qui est monté plus de 1000 fois par tous les temps pour pouvoir donner la météo à Banff à une époque où le télécabine n’existait pas. Parfois pris par la tempête il restait en haut et s’était fait un abri. Courageux.

Les parois sont très abruptes et l’impression de vide est assez présente. Le Loup est pris d’angoisse par tout ce monde qui nous entoure. Il y a de quoi.

La descente se fera sous la pluie.

Bow Rivers Falls : Impressionnantes, quel débit. L’endroit est magnifique, nous longerons la Bow River un moment.

Un orage éclate, violent, magistral. Comme on connaît bien le coin maintenant, nous nous garons dans une petite rue gratuite et bouquinons.

Lors de l’accalmie nous cherchons du wifi pour vous envoyer notre prose.

Je demande au Loup si les moustiques disparaissent avec la pluie, me répond que non, il en a croisé un en maillot de bain !

Starbucks nous accueille et y resteront tard. Le Pub irlandais où nous voulons aller, le St James’s gate, est plein. Nous revenons 30 minutes plus tard. Pour les messieurs, pas pour les maris, il y a de ravissantes serveuses en mini kilts, et en plus elles sont sympas.

Fish & chips toujours aussi délicieux. L’Apple pie a l’air pas mal non plus et moi j’ai essayé l’Irish Coffee (je voulais voir s’ils sont meilleurs dans un pub irlandais : OUI).

Belle surprise en retournant vers notre flèche d’argent. Un cerf boullotte la garniture du square sur Banff Avenue. Tout le monde est étonné, il n’y en a jamais dans la ville d’habitude.