Clinton – Lundi 30 juillet 2012

L’école a repris sans moi ! Yessss ! J’adore faire l’école buissonnière !
Finalement je n’ai pas super bien dormi, j’étais trop d’humeur rigolarde…J’ai encore dit quelques bêtises hier soir….
Ce matin pour prendre ma douche il a bien fallu que j’aille chez les hommes. Le Loup m’y a accompagné, parce qu’une femme dans les douches des hommes en Amérique du nord, ça ne se fait pas.
Ensuite re-lessive parce qu’hier soir énervée, j’ai mis mes habits dans la poubelle, plutôt que dans le sac à linge sale qui sont très similaires : Des sacs de supermarchés.
Dans les mauvaises nouvelles :
         Les vacances passent trop vite et c’est bientôt fini
         Il ne reste plus que trois jours avant le vol pour Genève
         J’ai grossi…
         Pas le Loup et ça m’énerve…
Dans  les bonnes nouvelles :
         Maman va bien et est chez mon frère et ma belle-sœur
         Chanel va mieux aussi depuis qu’il fait moins chaud, mange de nouveau et ronronne+++. Avons pensé lui faire prendre des cours de « ronrons canadiens » (vous vous souvenez du chat noir-blanc à Wells !), nous avons trouvé cela très joli. Faudra que je me renseigne pour une école…
         On est toujours très amoureux Loup et moi
         Notre camping de ce soir est superbe et tranquille, l’accueil y a été très chaleureux
         Il reste tout de même encore trois jours avant de décoller
         Roots et Gap ont un magasin à Whistler
         C’est notre prochaine étape !
Nous avons vraiment tracé la route, vu le Visitor Centre de Williams Lake, de beaux paysages 
et vu quelques biches dans des marécages, il y en a beaucoup (de marécages, plus que de biches). A se demander comment ils font tenir leurs maisons. D’ailleurs c’est de nouveau plus sauvage, avons passé deux cols. Les moustiques ne sont pas montagnards, il n’y en a aucun.
Ca fait drôle de voir des vaches brouter sous des épinettes.
Avons croisé sur la route encore de multiples maisons voyageant sur camions, ça doit être leur période de vacances.
Une pause pique-nique a été faite en compagnie de spermophiles….
J’ai eu un monstre coup de blues en réalisant que dans quelques jours nous serions à Genève, quelques larmes aussi.
Et ce soir, comme l’alerte incendie est au plus bas nous pourrons faire du feu et…..un ptit saumon, pommes de terre sous la braise.
Le décompte des saumons sera fait ultérieurement comme l’a réclamé Kitty.
Il fait un vent terrible et en attendant que les pommes de terre soient cuites, nous nous coupons les ongles. Le Loup manque s’entailler tellement il est mort de rire. Tout d’un coup je remarque qu’il n’y a plus personne dehors et je dis au Loup : « Ils ont tous peur d’avoir des rognures dans leur assiette », et le Loup n’en peut plus, parce que c’est probablement vrai. Tout vole…
Le saumon était délicieux, les pommes de terre aussi. C’est drôle quand c’est moi qui les prépare, elles sont excellentes, c’est pourtant pas bien compliqué de les laver et les mettre dans l’alu. Eh, ben Foi de Chaton, les miennes sont moelleuses. Celles qu’on achète cher, ils ont beau les emballer dans de l’alu doré, c’est pas pareil !
Je vous quitte, je vais prendre ma douche….A très vite…bisoux.

Barkerville – dimanche 29 juillet 2012

Ca alors ! Nous venons de découvrir un grand tiroir vide ! Et dire qu’on manque de place et que c’est le foutoir dans l’armoire ! Mais on a tellement pris l’habitude d’être organisé comme ça, qu’on sait pas quoi y mettre.
J’ai emmené beaucoup trop de vêtements pour un voyage comme celui-là, pourtant je n’avais que treize kilos au départ. On est le plus souvent dans des coins sauvages où les tops un peu élégants ne sont d’aucune utilité. On s’habille toujours pareil, nos lessives sont toujours identiques.
Allons à Barkerville, ville de la ruée vers l’or.
Quand je vous dis que nous sommes justes pour les kilomètres, je vous explique :
Au départ à Genève, chez Nicolas, on achète un certain nombre de kilomètres, nous en avions pris 6500, ce qui paraissait énorme. Que nenni ! Nous en avons déjà fait plus de 5500 et nous sommes à 700 km de Vancouver. N’avons que 300 km pour faire des écarts de route, alors on commence à compter. Faudra pas se tromper non plus en rendant le camion, pas faire des kilomètres pour rien…
A Quesnel une envie de café nous arrête chez A&W. Un rassemblement de voitures vintages ne  nous fera pas gagner du temps… Sont superbes, well done guys !

Sur la route menant à Barkerville on nous signale des mooses et des deers au nez rouge, comme Rudolf !
Dès que les grands axes sont quittés tout devient sauvage, la route 26 est en montagne russe !
Visite de la petite ville de chercheurs d’or, conservée dans son jus.
Le descriptif d’une cuisinière en fonte et fer nous est fait par une dame qui nous demande un penny pour le faire. Le penny de l’époque n’existant plus, elle est tout de même très heureuse de nous en faire la présentation. La cuisinière est absolument géniale pour l’époque et certaines trouvailles feraient bien d’être implantées sur les nôtres. Vers 1920 une cuisinière normale valait autour des $40 , celle-ci en valait $100. Elle nous fera goûter un morceau de cake à base de maïs, fromage et farine : sec, mais très bon.

Nous verrons passer des diligences de l’époque, applaudirons une danse folklorique et visiterons les nombreux bâtiments du village.
Pharmacie



Bureau d’achat de l’or



Chambre de mineur



Maison de John Bowron



Saloon
Maison de John Bowron

Ecole



Non mais j’y crois pas !
Tout à l’heure chez A&W, un charmant monsieur m’a tenu la porte et parlé trop et trop vite, de sorte que je lui ai avoué que je parlais mal anglais. Et il m’a répondu : « Mais vous vous n’avez qu’à sourire ».
Et bêtement je l’ai raconté à mon Loup.
Et devinez ! Non mais j’y crois pas, mon Loup fait le même baratin à toutes les nénettes en costumes qu’il croise. Et comme moi, elles se rengorgent comme de jeunes poules….

Au retour stop sur la route : un jeune élan gris tacheté en a pris possession. Qu’il est beau, il a des petits fanons au menton, l’est tout jeune, avec des petites cornes qui s’ébauchent. N’est pas très peureux et reste un moment, puis quitte la route.
Plus loin un putois sera aperçu. On vérifie pas…
Petit arrêt à Wells, maisons multicolores et un adorable chat noir et blanc qui me ronronne dans les bras en canadien et me suivra partout. Craquant, so cute…

Et son Visitor Centre

Sommes maintenant au Alamo motel-restaurant & RV campgrounds.  L’accueil était très agréable, l’endroit est paisible et charmant, nous sommes quasiment seuls.

Lessive, rasage de museau et fish&chips voilà le programme redoutable de ce soir.
Lessive : faite !
Rasage : Le loup a pas réussi à faire le code pour ouvrir la porte !??!! Vous y croyez, vous ?
Donc un homme des bois très hirsute m’a tenu compagnie  pour le repas.
Un couple âgé est venu s’installer également et la conversation s’est immédiatement engagée. Adorable ce couple. Sont de Kamloops et ont rendu visite à de vieux amis à Smithers.  Lui parlait un peu français. A un moment il s’éclipse et revient en nous offrant des chocolats canadiens pour notre dessert. Avons passé un moment très chaleureux et la nourriture était fameuse.
Avant de nous coucher évidemment on se douche. Le Loup y va en premier et revient. Me signale que ça coûte un loonie pour trois minutes.
Je pars avec tout mon attirail et mon loonie. Et comme trois minutes me paraissent peu. Je mouille déjà mon pompon, l’enduit de gel douche et me savonne. Ceci fait, je glisse mon loonie dans la boite ad hoc, je tourne la poignée et …. rien ! Je tire un peu dessus et …. toujours rien. Je tire un peu plus fort et …. elle me reste dans la main ! Gagné ! Je suis bulleuse de savon, nue comme un ver, et essaie de me rincer au lavabo en espérant que personne ne pointera  son nez. Le lavabo se remplit de mousse et moi j’en suis toujours au même point. Finalement, j’enfile mes habits et cours au RV ….me doucher.
Et maintenant bonne nuit !

Ten Mile Lake – Samedi 28 juillet 2012

Hier soir nous étions tellement pleins de courbatures, que nous avions de la peine à nous enfiler dans le lit ! Le cyclorameur de Burns Lake laisse des traces.
Le Loup se marre et me demande : « C’est à cause du ramage » !
Du tac au tac, je lui réponds : « Fais gaffe à ton plumage, toi » !
Et nous voilà en train de pouffer.
C’est bizarre dans ce camp nous n’avons pas entendu un seul bruit, pourtant il était plein et avait de très jolis emplacements au bord de Stuart Lake. Avions vraiment l’impression d’être seul au monde ou que tout le monde était mort.

Ce matin il reste très peu de lait, juste pour un bol de céréales (parce que l’on mange des céréales, des graines, des cranberries tous les matins). Royale, je le laisse au Loup et me fais des tartines.
Il me propose un kiwi, j’accepte et me rends compte plus tard que lui n’en prend pas.
Hum ! Ca sent l’embrouille et de vieux souvenirs me reviennent ! Je le soupçonne fort de vouloir me faire le « coup des marrons glacés »
J’explique : A Noël quand nous étions petits, nous recevions de mes parents,  mes frères et moi, chacun un nombre précis de marrons glacés. Mon frère aîné et moi, on se ruait dessus et les mangions tous rapidement. Nous avions ensuite droit au grand numéro de mon autre frère qui se délectait devant nous en nous demandant chaque fois : « Y t’en reste  combien ? »
Et nous : « Ben, on en a plus »
Et mon frère : « Aaaaah » !
Bon y paraît que le Loup y a pensé, mais juste en passant….
Il faut ensuite recharger notre Flèche d’Argent qui a une descente assez sensationnelle ! La prise d’essence est longue. Des pas très futés ont pris de l’essence pour leur bateau (qui coûte un peu moins cher que l’essence-voiture). Bon, jusque-là c’est normal, mais ils monopolisent la place à la pompe pendant que chacun leur tour ils vont s’acheter des vivres et des bières pour mettre dans le bateau. Ensuite il en manque toujours un ou une. Résultat : on a beau être en vacances et avoir le temps, ça nous gonfle…Franchement on a mieux à faire.
En conduisant le Loup veut faire un réglage et les deux rétroviseurs se replient !!?! Il ne sait pas ce qu’il a touché ! Ouf, ça se remet en place !
Vanderhoof : une menuiserie énoooorme, et aussi le centre géographique de la B.C. C’est drôle nous à St-Luc on a le centre du Valais.
Visite au Visitor Centre. Il vaut mieux avoir à faire avec des personnes âgées. Les jeunes sont bien mignons mais bien peu efficaces, ils jouent en ligne sur leur ordinateur et il est difficile de les sortir de là.
Le repas de quatorze heure sera pris au OK Café.
Construit en 1920 il était la halte des mineurs qui revenaient des mines du nord. Etait reconnu comme un café-hôtel honnête et bien tenu, qui offrait pour cinquante sous : une chambre propre, un jeu de poker et un repas !
Tout est absolument délicieux : une soupe « vegetable, beef, corn showder » pour les connaisseurs, un sandwich et une tarte copieuse, arrosé de limonade maison.
En sortant de table, le Loup dit : « je ne mangerai rien ce soir »
Moi : « je crains bien que si » !

Sur le même emplacement nous visiterons un vieux wagon du patrimoine canadien,

dont un objet a retenu notre attention : une large courroie de cuir pourvue de plaque de métal hérissée de pointes acérées. Elle était mise à l’épaule et permettait de transporter des traverses sans que celles-ci ne glissent.

Avons trouvé refuge pour la nuit à Ten Mile Lake, un bel emplacement au bord de l’eau. Il est à noter que malgré la haute saison, nous avons toujours pu trouver une place de camping sans réservation préalable. Il est cependant bon de ne pas arriver trop tard.
Pas de moustiques pour le moment. Le Loup a fait un feu d’enfer pour le p’tit saumon de ce soir.

Des rencontres sympa ont été faites, notamment un motard avec une superbe Harley avec qui le Loup placote et moi pendant ce temps je ferai la conversation avec une dame de Whitehorse et ses deux chiens à ours aux yeux bleus, magnifiques, (les chiens).
J’ai conduit longtemps et traversé Prince Georges au son entraînant de country irlandaise. Jujunette veut absolument aller en Irlande, elle est comme nous elle adore leur musique et leurs bières…
Je vous abandonne le saumon est prêt… A demain et bisoux

Fort Saint-James – vendredi 27 juillet 2012

Ce matin en prenant le petit déjeuner le Loup me dit : « avec l’âge, je deviens un peu maladroit », après avoir heurté un bol avec la cafetière. Je lui réponds : « Mais non, ça arrive à tout le monde ».
En effet, il a raison, il est maladroit. Voulant sortir le paillasson, il rate la première marche et s’étale trois marches plus bas, par terre, évitant de peu le coin aigu de la table de pique-nique !
Grosse frayeur, mais finalement peu de mal, une grosse éraflure sur le pied. Un peu d’arnica et le Loup est d’aplomb.
Il faut faire  extrêmement attention aux sorties de camion, elles sont annoncées, on n’avait pas bien compris pourquoi. Maintenant on sait : ils débouchent à toutes pompes sur la route et ils ont la priorité apparemment.
J’ai chanté ma p’tite chanson ce matin en remplaçant les ourses par les mooses, ça marche aussi ! On en a vu un petit.
Sommes à Fort Saint-James, maintenant. Avons visité le fort qui est un patrimoine historique de Parc Canada.
D’abord un petit film en français de dix minutes, très bien fait, puis nous visitons seuls, et des gens en tenue d’époque nous renseignent encore. Ce poste a  été établi à la fin du 19ème siècle.
Le premier, celui de l’entrepôt général et magasin de fourrure était très calé. Nous présente les différentes fourrures (trop mignon, elles ont encore les moustaches) des bêtes que les trappeurs vendaient pour le compte de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Dans le poste de traite nous apprenons notamment qu’il fallait une grande peau de castor pour acheter une paire de bottes ou six peaux pour acheter une carabine.

C’est une très belle visite à faire, peu de monde (c’est plus agréable pour nous), ça nous a vraiment plu.

Ce soir, le Paarens Beach provincial park nous hébergera. Nous avons énormément de plaisir à être isolé dans une forêt.

Route 16 est, Yellowhead – jeudi 26 juillet 2012

Reprise de la route 16 Est, Yellowhead, c’est moins l’aventure, plus de monde. On retrouve de  belles maisons et belles fermes avec les bobines de paille disséminées.

Le temps se couvre, des orages sont annoncés. Ils sont absolument nécessaire, la terre en a besoin. Depuis trois semaines que nous sommes au Canada, avons eu trois orages, ça fait peu d’eau.
Il y a beaucoup de motards et même des motardes, bien équipées Harley, pas très jeunes, mais hyper sympa, toujours souriantes et de cuir vêtues, le teint buriné, les yeux qui papillottent de gaîté. Sont courageuses. Enfin ça me donne des idées, on pourrait le faire avec le Loup et dormir dans des motels ou des B&B.
Longeons maintenant des rivières à saumon, du coup la faim nous vient.
Arrêt à Smithers dans une pâtisserie absolument délicieuse (vaut le détour) : Schimmel’s au 1172 Main street, tenue par les descendants des premiers colons suisses installés dans la région en 37. Les deux premières familles étaient des Schibli et des Hug, fermiers. Les Schibli ont introduit l’ice cream. Beaucoup de menuisiers aussi (on sait pas s’ils étaient beaux au yeux bleus !)
Courses faites à l’Extrafoods, j’aime bien, facile et pas cher et beaux produits.
Des stations de ski sont indiquées : Hudson Bay Mountain.
Quittons rapidement Smithers car le temps change…

 

Telkwa : petit bourg au bord de la Telkwa avec une fort sympathique promenade aménagée le long de la rivière.

Jolie maison avec un banc « un peu kitsch » !)

C’est là que l’orage nous surprit. Violent, énormes gouttes, sommes trempés jusqu’à la culotte.

On a vu deux chats, un noir et une tricolore. Franchement au Canada il est plus difficile de voir un chat qu’un ours !
Un bambi.
Houston : jolie petite ville, fleurie avec la plus grande canne à pêche du monde (Y z’adorent ça,  être le plus de quelque chose)
Le camping municipal de Burns Lake nous accueillera pour la nuit, gratuitement, tout au bord du lac. Un apéro sera fait au pub du coin et un parcours vita, avec des engins de musculation suivra et sera même refait le lendemain matin pour les besoins du cinéaste. Je suis toute courbattue.

Chanel

Dernières nouvelles, il semblerait que la chaleur genevoise, jusqu’à 34° annoncé par la météo, ne convienne pas bien à notre vieille Chanelou. Elle mange moins. Mais elle boit normalement.
Sandra nous donne régulièrement des nouvelles, je suis une vraie mère-poule avec ma chatounette. Il est vrai que 17 ans de vie commune, ça compte….

Merci pour vos messages et gros bisoux.
A bientôt.

Stewart – mercredi 25 juillet 2012

Alors nous étions donc à Bell II. Pour le buffet comme nous y sommes allés trop tard. C’était terminé. Nous nous sommes régalés (et le mot est faible) d’un saumon, avec des légumes grillés et du riz. Aurions bien bu du vin, mais il n’avait que des grandes bouteilles, la bière Sleem’ honey brown a été parfaite.
Nous avons pas mal de petits désagréments avec notre Flèche d’Argent. Je vous ai déjà parlé de l’huile, du frigo, et maintenant nous avons une bonne fuite d’eau. En fait on patauge. Lorsque nous nous branchons sur l’eau de la ville, il doit y avoir un trou quelque part, parce que ça remplit aussi le camion. Etions assez agacés hier soir… Nous n’avons pas pu nous en rendre compte tellement plus vite car nous étions dans des camps sans service. Nous en sommes réduits à deux services sur les trois possibles…
Pas vu de moose, mais des mooses-tiques : plein !
1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 ! Et oui, on en a vu 7 des ours, dont un ourson !! Trop beau. C’est sans doute grâce à ma petite chanson, vous vous souvenez : Où sont les our-ses, avec etc… Quand je la chante pas, on en voit pas.
Cette journée a été probablement la plus belle. La route 37 est réellement un must à ne manquer sous aucun prétexte.
Elle est de toute beauté, entourée de hautes montagnes enneigées et de glaciers suspendus.
Il fait froid la nuit, avons mis des couvertures supplémentaires. Des forêts de hêtres s’ajoutent aux épinettes. Les Canadiens sont très conscients de la valeur de leurs forêts et demandent d’en prendre grand soin.
Le premier gros ours noir est vu au bord de la route, cavaleur.
Un écureuil avec sa noisette lui succède peu après.
Re-ours toujours au bord de la route, cavaleur aussi.
Prenons la 37A, direction Stewart, voyons plein de névés et avons l’impression d’être à la même altitude qu’eux.
Gros travaux, route emportée par un éboulement, mais c’est monnaie courante là-bas. En fait chaque été ils refont la route que le printemps a embarquée.
Nous voyons un glacier qui arrive jusqu’à un lac (franchement le glacier d’Athabasca à côté c’est un peu du pipi de sansonnet). Nous ne sommes pas blasés, au contraire comme montagnards nous apprécions. On voit de belles grosses crevasses, bien bleues.
Stewart : petite ville comme on les aime. A la Lucky Luke. Déjeunons chez « Dash » à ne pas manquer.
L’accueil est charmant, le hamburger succulent,
et je ne vous parle pas de la racinette pression et du ginger ale maison !
La dame nous a gentiment donné la recette du  ginger ale, trala la la ! Peux rien vous dire c’est un secret. Puis café et cappucinno bien strong. Nous sommes à l’altitude 0. En hiver il y a beaucoup de neige, mais il ne fait pas froid, l’océan réchauffe la ville. C’est vraiment une région merveilleuse, nous y passerions bien du temps. Nous sommes à cinq kilomètres de la frontière avec les USA. N’y sommes pas allés.
Retour : un ours timide, un  raton-laveur qui l’est aussi, encore un ours près des travaux de défrichage cette fois (ils n’ont pas les mêmes débroussailleuses que nous, eux ils arrivent à sectionner des arbres d’un joli diamètre).
Un autre ours plus proche de la jonction avec la 37. Il nous regarde arriver avec de l’herbe dans la gueule.. on le filmera, photographiera, ferons demi-tour pour l’avoir mieux. Très photogénique celui-là. Nous l’abandonnons à regret.
Changeons de conducteur. Peu après une maman ourse est vue avec son petit. Dès qu’elle m’entend freiner, elle entraîne son petit vers la forêt. Gâcheuse !
Nous avons finalement décidé de nous arrêter dans un joli camp à Kitawanga. Nous pourrons faire du feu à condition d’avoir un seau d’eau à portée de main. Paaarfait ! Sirloin et potatoes à l’horizon.
Ah j’oubliais !  Nous avons retéléphoné chez Fraserway pour signaler que Flèche d’Argent réclamait maintenant impérativement un changement d’huile. Fissa ! On nous a dit que ça pouvait attendre les huit mille prochains kilomètres. On l’aura rendu avant.
C’est tout pour aujourd’hui, nous vous faisons des bisoux et pensons bien à vous.

Route 37 sud – mardi 24 juillet 2012

Nous quittons le camping avec deux angoisses au cœur : pas de dump ! Et toujours le témoin d’huile allumé !

Tentons un téléphone à Fraserway depuis Good Hope Lake : sans succès.

Petit arrêt à Jade City (y manquait plus que ça… de la jade maintenant). Oui, une bague !

La route est sauvage, magnifique, beaucoup d’épilobes et de « horse tail », c’est fou ce que c’est joli ensemble, cela fait un superbe tapis. Nous ne sommes plus à l’affût des animaux, nous en avons vraiment vu beaucoup et s’il y en a ce sera un cadeau.
Premier cadeau : un petit cabri qui lèche la route nous amusera par ses facéties !

Deuxième cadeau : un cheval sauvage.
A Deaser River le téléphone fait à Fraserway est fructueux. Il ne faut pas tenir compte du voyant ! Bon. On s’est fait du mouron pour rien…

Je conduis un moment, mais la route est étroite et pas marquée. Je roule mal, je ne voudrais pas me croiser ! Le Loup y met fin et c’est une excellent idée parce qu’un long bout de travaux se profile.

Nous stoppons à côté d’une dame qui nous demande de le faire, et, en attendant la « pilot car » qui nous guidera sur cinq kilomètres.

Cette dame vient du Nouveau-Brunshwig avec son chien Rex. Nous piquons une bonne jasette avec elle. Il est difficile de se plaindre de nos horaires de travail quand on entend les siens : de 6h00 jusqu’à en tout cas 22h00 ! Sacrée journée. Elle est adorable et nous passons un bon moment.

On se croirait chez nous dans les Alpes, en revanche pour faire des travaux de cette ampleur (défrichage d’arbres) ça nous prendrait quinze ans !
Comme on en a plein les bottes on a trouvé un lodge « Bell II » qui fait notre affaire.
Ce soir on se fait beau, on mange au lodge, il y aura un buffet !

Retour à la civilisation avec un va-et-vient d’hélicoptères…

Petite escapade au Yukon – 23 juillet 2012

Le resto hier soir c’était parce qu’il y avait une interdiction de faire du feu, l’alerte incendie était au maximum : « extrême ».
Les moustiques au Yukon sont terriblement nombreux et costauds. Il faut absolument se pschitter au « Off Régions Sauvages » ça marche pendant environ 8 heures, puis renouveler l’opération.
Les Yukonnais sont très vigilants sur la santé, en tout cas en ce qui concerne la cigarette, le paquet est le double par rapport à la B.C.
– J’veux pas cafter, mais le Loup s’est remis à fumer. Je vous laisse apprécier….
 
Un cappuccino est dégusté dans un très beau camping, le Nugget. En plus sympa.
La réparation des routes se fait par un bonhomme armé de goudron et d’une truelle  qui commence sa carrière à Watson Lake et quand il arrive à Dawson City il prend sa retraite !
Quelle belle route, pleine d’épilobes et de graminées.

Un ours noir est vu à trois mètres. Très coopérant l’ours, il mange, il marche, il s’assied. On a tout en photos ou en film. Nous pensons même qu’il va traverser la route, mais il trouve un buisson de shéperdies, petites baies sauvages dont il raffole.


Le Loup déclare que les plus belles photos sont prises le matin, moi Chaton, je décrète que les plus beaux ours sont vus à midi. Il me reproche gentiment le temps passé sur internet. C’est pas que j’y passe tant de temps, mais les liaisons sont si difficiles et si lentes…
Une zone de travaux est annoncée, en effet, la route a disparu. Elle a été emportée par une coulée de boue.
Visitons Rancheria Falls, petites mais superbement aménagées en pleine forêt boréale.

Petite salade et fromage, et ensuite la mort dans l’âme nous faisons demi-tour. Nous n’avons pas assez de kilomètres pour aller plus loin et pas assez de temps non plus. Et si jamais on continuait encore, l’appel de l’Alaska serait trop fort.
C’est moi qui conduit et tout à coup on croise une voiture, dont le conducteur nous brandit par la fenêtre un petit panneau « Stop ». Je m’arrête et il nous signale un convoi exceptionnel et nous suggère d’attendre avant le pont pour le laisser passer. Vu le gabarit nous obtempérons volontiers.
Nous arrivons à Jonction 37, la bifurcation pour redescendre en B.C. Prenons de l’essence encore bon marché et départ. Le voyant d’huile s’allume, U-turn. Garage. Vérification. Il y a assez d’huile. Repartons. Le voyant s’allume toujours. Tant pis pour lui.
La route 37 !! Sauvage, vraiment. Etroite, aussi. Défoncée, sûr ! Nous sommes effrayés lorsqu’ils  annoncent des nids-de poule.  Pour le quad, c’est facile, ils peuvent en faire directement sur elle. Il y a aussi beaucoup de « bumps » annoncés et c’est toujours surprenant parce que nous sommes déjà secoués comme des pruniers et on nous informe que ça va être pire… C’et un peu comme les trous en formation des Français.
Nous avons déjà le cœur lourd de quitter le Yukon, mais les kilomètres de forêt calcinée n’arrangent rien. On a toujours l’huile allumée. Bonne ambiance. Enfin il pourrait pleuvoir…
Nous avons l’explication de nos journées si longues, nous  avions passé le 60ème parallèle.
Moi j’avais un peu la trouille entre la route, le RV, le sauvage, le brûlé, mais pour nous récompenser le camping annoncé, le seul tout de même, est splendide, au bord du GOOD HOPE Lake (je vous laisse juge de l’humour local !)
Nous y sommes vraiment bien installés sur un promontoire avec accès privé au lac. Le plus beau spot du camping, le n°15 à Boya Lake Provincial Park.
Ce soir spaghettis-salade.
Et demain la diane sera sonnée tôt, car 470 km nous mènerons au seul camping suivant.

Chanel

Un petit bonjour très matinal, avons peu dormi, le soleil était là jusqu’à 21h30 et de nouveau vers 4h00. Un début de soleil de minuit.

Un immense merci pour toutes les nouvelles de Chanel. Sandra nous avait répondu vite, mais vous ne pouviez pas le savoir. Notre chatoune est devenue une star, tout le monde prend de ses nouvelles, Sandra doit croûler sous les téléphones…
En réalité Chanel nous a fait une terrible comédie. Et ce n’est pas la première fois. Quand nous partons au Canada,  elle le sent et essaie toujours de nous dissuader par tous les moyens les plus fourbes qu’elle puisse trouver. Mais là nous l’avons bien eue, elle a une nouvelle amie près d’elle.
Donc elle va très bien, n’est plus à l’agonie comme avant notre départ, elle participe activement à la vie de sa nouvelle compagne. Chameau de chat !
On est bien heureux qu’il en soit ainsi.

Merci et gros bisous à tous et toutes.