Grand bisse de Lens

Tralalalalèreee ! Je l’ai fait !
Quitté Douchka vers 11h00. Je suis en petite forme. Je me sens vertigineuse en posant le pied à terre au lever. Ca promet !
La route pour se rendre à Icogne est superbe. Des belles maisons dans les vignes, des petits potagers bien entretenus, des fleurs partout, et le soleil en plus.
Nous laissons Chloro vers la poste et démarrons. Des chats qui ne me répondent pas, les voyous, des jardins luxuriants et nous cheminons dans la forêt. A notre gauche la pente est parfois impressionnante. Le bisse est vide, l’eau ne coule pas. Je me surprends à penser que si j’ai trop peur, je me glisserai dedans. Il y a des passages aménagés avec cordes, nous ne risquons rien.
Arrivés à une bifurcation le bisse est fermé. On veut nous faire passer par un sentier qui part vers le haut. Mon Loup n’est pas intéressé. Il fait fi du grand panneau qui indique que l’itinéraire est déconseillé aux personnes sujettes au vertige et enjambe la barrière. Moi aussi.
J’ai regardé sur internet  et je sais ce qui m’attend. Mais tout va bien. Il faut prendre garde aux planches mouillées par le gros orage d’hier, ne pas glisser dessus. A un moment un passage vertigineux n’est pas encore aménagé et j’essaie de passer par le bisse. Position trop inconfortable, j’abandonne et me concentre en me tenant au tout petit muret. C’est fait. Je demande de temps en temps au Loup si c’est bientôt fini et je passe un truc qui m’avait paru impossible sur internet. LE passage que j’attendais et craignais.

Bon on n’est pas obligé de regarder tout le temps vers le bas non plus, hein ? Et bien LE passage m’a paru facile. Nous terminons au bord du torrent et ferons une halte.
Bisse magnifique, sauvage, vertigineux avec des odeurs délicieuses, je comprend pourquoi tous ceux qui m’en ont parlé étaient si enthousiastes, nous le sommes aussi.
Nous repartons par un sentier délité qui grimpe raide, ça nous change et longeons le bas des falaises. Nous voyons des crottes et sentons le gibier, mais malheureusement ce jour-là nous n’en verrons pas. Le Loup avait été plus chanceux durant son repérage, il avait vu plusieurs chamois. J’ai intérêt à bien regarder où je mets les pieds, car là il n’y a aucune sécurité.
Nous sommes partis trop tard pour aller jusqu’au barrage de Tzeuzier. Parvenus à Pra du Taillour nous boirons du thé au bord du torrent, Jujunette prendra un bain mémorable et glacial et nous  commencerons le retour.
Je suis étonnée car cet itinéraire-là n’est pas fermé (c’est même le seul pour aller à Tzeuzier), mais il y a des bouts très sauvages et très escarpés. D’accord le chemin est assez large, mais c’est aussi vertigineux par moment et il n’y a aucun équipement.
Souvent en regardant la suite on ne voit que des falaises et on se demande par où, Diable, on va bien pouvoir passer. Et on passe…
C’est très beau aussi, ça sent de nouveau la bête mais ce jour-là nous ne verrons que des écureuils curieux. Ca sent également très bon : la terre humide, les feuilles, les fleurs. C’est la balade où les odeurs m’ont le plus plu.
C’est long. Nous rejoignons une route forestière, puis retrouvons le bisse, là où nous avions enjambé la barrière et revenons sur Icogne.
Nous avons marché 5h30, fait une balade superbe, que je suis fière d’avoir réussie et avoir vaincu ma peur du vide. Pourvu que ça dure !
A la voiture un chat ne me snobera plus et viendra se faire gratouiller. Quelle belle journée !
De retour chez Douchka nous nous désaltérerons avec une excellente bière rousse de Soral : la Bière du Père Jakob.